Coyah, 27 juil. (AGP) – Dans le but d’éradiquer les Mutilations Génitales Féminines (MGF), pendant ces périodes de vacances en milieu rural, l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne en Guinée, en collaboration avec les autorités préfectorales et locales de la circonscription de Coyah, a organisé, jeudi 27 juillet 2023, à la maison des jeunes, un panel axé sur la ‘’ Sensibilisation Communautaire pour l’abandon de l’excision’’ dans la langue du terroir (soussou).
Ce panel qui regroupe les acteurs concernés (exciseuses, agents de police judiciaire, agent de la santé, des autorités locales, Parlement des enfants), a été marqué par la présence, de plusieurs personnalités éminentes dont l’ex-ministre Dr. Zalikatou Diallo, madame Diaby Mariama Sylla ex-ministre de l’Action sociale, des groupements d’association de femmes et des jeunes filles de la localité, ainsi que des leaders religieux.
À cette occasion, le Secrétaire Général des Affaires Administratives de Coyah, Lancinet Kaba, a au nom du préfet, fait savoir que cette rencontre s’inscrit en droite ligne avec les objectifs visés par le Chef de l’Etat, le Colonel Mamadi Doumbouya.
Selon lui, notre pays adhère particulièrement à toutes les conventions, traités et ratifications allant dans le sens de la promotion des droits de protection de la santé des enfants à travers la lutte contre ce fléau social mettant en cause l’avenir de cette nouvelle génération montante.
≪ Pour lutter contre cette pratique néfaste dénommée mutilation génitale, l’Administration Préfectorale, citoyennes et citoyens de Coyah ainsi que tous les acteurs concernés accompliront avec véhémence leur devoir sacré en ce qui concerne le respect de lois adoptées à cet effet. Au regard de tout ce qui précède, ce panel axé sur les activités permettant aux acteurs de partager leurs expériences en vue d’éradiquer cette pratique susceptible de porter atteinte au respect des droits réservés à nos enfants pendant ces vacances surtout ≫, soutient-il.
De son côté, l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Guinée, Ulrich Meier Tesch, a souligné que leur but premier était de sortir de Conakry parce que selon lui, il y en a eu beaucoup de discussions sur l’excision dans cette région.
≪ On voulait faire ça en dehors de la capitale et surtout pour les populations de l’intérieur du pays. C’est pour ça on a décidé de faire ce panel en langue Soussou. Depuis des années, la coopération allemande s’occupe de la santé des mères et des filles. Une partie de cette initiative, c’est le sujet des Mutilations Génitales Féminines (MGF). Donc, je voudrais profiter de cette occasion pour redynamiser la discussion sur le sujet dans les villages, les familles, à l’intérieur du pays ≫, soutient-il.
Pour l’Ambassadeur Ulrich Meier Tesch, c’est la population même qui doit comprendre que cette pratique, n’est pas quelque chose de nécessaire, ce n’est pas quelque chose de bon pour leurs filles.
≪ Ce n’est pas un pays étranger d’une autre culture qui doit imposer un changement dans ce sens, mais, ce que moi, je n’ai toujours pas compris, c’est pourquoi, ici en Guinée, ça dure beaucoup plus longtemps que dans les autres pays du continent pour changer cette pratique ? >>, s’interroge-t-il.
Témoignant, la présidente du Club des Jeunes Filles Leaders CJFL) de Coyah Marie Jacques Touré, a rappelé : ≪ à l’âge de six (6) ans, lorsque j’étais partie en vacances dans mon village, au retour, ils ( mes grands-parents) m’ont excisée. Ce n’était pas dans mon programme puisque j’avais en tête, pour moi, c’était juste pour les vacances, pas pour me faire exciser. Après celà, j’ai reçu beaucoup de complications, à savoir les infections sexuellement transmissibles à part le VIH, mais les pertes blanches qui m’ont tellement fatiguée parce que, nous avons été une trentaine de filles excisées avec le même couteau. Ensuite, j’ai eu des problèmes de règles parce que, j’ai vu mes premières règles à l’âge de dix-huit (18) ans. Ça m’a tellement fatiguée et mes parents aussi étaient inquiets de ce qui s’est passé », explique-t-elle.
Pour clore, mademoiselle Marie Jacques, a dit que pour lutter contre ce fléau, que ce soit au niveau des parents, des acteurs de la société civile et eux le CJFL, c’est de stopper l’excision, pas seulement de la limiter, mais de la stopper complètement.
≪ Parce que quand on leur dit de limiter, ils ne vont pas le faire. Toutes les personnes qui font cette pratique, nous allons les sanctionner et les montrer ce que c’est la loi ≫, laisse-t-elle entendre.
AGP/27/07/023 AOK/ABD




