Conakry, 09 Oct. (AGP)- Au lendemain du lancement de la plate-forme du Compendium des Compétences Féminines de Guinée (COCOFGUI) par la première dame de la République, Mme Lauriane Doumbouya, les femmes se sont réunies samedi, 07 octobre 2023, dans la salle du 28 septembre du Palais du Peuple, autour d’un Panel portant sur lutte contre les violences basées sur le genre, animé par deux anciennes ministres de la promotion féminine.
Il s’agit de Hadja Mariama Aribot et Hadja Mariama Djelo Barry des gouvernements précédents qui ont dépeint les impacts des VBG dans la forme morale et physique qui affectent dangereusement l’autonomisation de la femme guinéenne voire même dans certains pays de la sous-région. Mais aussi et surtout la banalisation de certaines pratiques à cause de pesanteurs sociales.
En abordant le thème, Hadja Mariama Aribot, a tout d’abords parlé du rôle de la femme africaine, mais plus précisément la femme guinéenne. Selon elle, il y a certains hommes qui ont des mauvais comportements en refusant catégoriquement de supporter les charges du foyer et rabattent tout sur la femme qui vit seulement de son petit commerce d’étalagistes sur le marché. Mais le pire ils rentrent souvent chez eux dans un état d’ébriété et en imposant certaines exigences à leurs épouses.
«Force est de constater si celle-ci n’obéit pas à sa volonté, il va se mettre à la violenter ou voire même la bastonner. Si à cet instant les voisins sont alertés ne pourront pas intervenir pour les départager parce qu’y a des signes dans notre coutume qui indiquent que si l’homme accroche son pantalon à la porte de la maison cela signifie que c’est une affaire de refus du devoir conjugale (c’est-à-dire du pantalon). Donc ils ne doivent pas intervenir. Au cours de cette bagarre, il arrive parfois de tuer sa femme. Il faut ajouter aussi des violences ; exercices sur les femmes qui n’arrivent pas à enfanter. Sans même poser des diagnostics sérieux sur le couple, le plus souvent elles sont traitées de stériles. Le pire dans cette histoire ce sont les belles sœurs qui commencent à dire nous voulons une autre femme pour notre frère sans même chercher à savoir que le problème peut dépendre aussi de l’homme », a-t-elle expliqué.
Poursuivant, elle a ajouté que : « l’harmonie chez certains couples c’est jusqu’à la ménopause. Par ce que certains hommes finiront par abandonner le lit conjugal en épousant une autre plus jeune, tout simplement parce qu’avec la cessation des règles, il pense que cette femme peut lui donner la maladie, s’ils continuent à entretenir des relations avec elle. Pourtant c’est en ce moment que cette dernière à de plus besoin de lui pour le besoin biologique. Cela peut engendrer d’autres souffrances chez cette femme qui ne sont pas souvent physiques mais qui affectent dangereusement son moral », a martelé Hadja Aribot.
Pour sa part, Hadja Mariama Djelo Barry, la toute première pionnière dans la lutte contre les pires formes de violences basées sur le genre a focalisé son intervention sur certains ‘’Hadits’’ du prophète Mohamed (PSL) qui protègent mieux les femmes.
A cette occasion, elle invite les femmes à étudier et à connaitre ces hadits pour mieux se protéger et protéger leurs enfants. Parce qu’en Guinée dès que tu perds ton mari, au moment où tu pleures la mort de ton époux, la famille ferme à clé ta chambre et celle de ton mari pendant tout le temps du veuvage.
« Ils disent que les habits de ton mari, c’est pour les oncles de tes enfants. Mais non, il faut refuser cette donne car ce que l’homme cherche sur cette terre appartient à sa femme et ses enfants. Et surtout que le problème d’héritage est bien défini dans le Coran, c’est pour cela je vous exhorte à accepter de vous instruire car vous pouvez vous défendre vous-même. Il y a aussi le cas de viol que les femmes subissent parce que quand ça se produit au lieu de chercher à régler le problème on dit plutôt il faut laver le linge sale en famille. Conséquence on oublie le choc moral subi par la victime. Juridiquement la femme guinéenne est protégée par la loi. Dans l’interprétation de cette loi, une femme qui n’a pas fait d’enfants dans un foyer, chaque période de cinq ans est considérée comme un enfant. Donc si vous faites vingt ans de mariage, en partageant l’héritage, on considère que vous avez fait quatre enfants », a-t-elle expliqué.
Hadja Mariam Djelo Barry a enfin exhorté les femmes de s’instruire et instruire leurs enfants fille comme garçon, car l’instruction n’est pas l’apanage des hommes seulement.
Au terme de cette journée, ces anciennes ministres panelistes ont donné le ton en s’inscrivant sur la plate-forme du site web : www.cocofgui.org déjà opérationnelle qui, selon les autorités, est d’unir les compétences féminines autour d’un idéal de développement commun, en renforçant la visibilité des actions entreprises.
AGP/09/10/023 AKT/FDF/CM




