Conakry, 1er mai (AGP)-Le traditionnel défilé des travailleurs du 1er mai est né aux États-Unis.
Chaque 1er mai aux États-Unis, c’était la tradition, on renouvelait les contrats de travail, mais ce n’est qu’en 1886 que les premiers syndicats ouvriers eurent l’idée d’organiser des manifestations. Malheureusement, ces premiers défilés tournèrent au drame. A Milwaukee, la police tira sur le cortège provoquant plusieurs morts. Le 4 mai suivant, à Chicago, en protestation à ces violences, une manifestation allait de nouveau être organisée, et être également violemment réprimée.
Cette fois-ci, c’est une bombe qui explosa tuant onze ouvriers et blessant des centaines d’autres manifestants. Un drame qui allait stigmatiser le monde du travail pour de longues années. En 1897, avant d’être pendu, le leader du mouvement de Chicago, August Spies, ouvrier anarchiste, s’écriera : « Un jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »
Si la date du 1er mai a été retenue pour symboliser internationalement la journée du travail, c’est en souvenir d’une grande manifestation sanglante ayant eu lieu à Chicago en mai 1886. Mais pour quelles raisons les chicagolais manifestaient-ils ? Et surtout, comment la manifestation s’est-elle transformée en bain de sang ?
« Les ouvriers, réunis en un grand syndicat, réclamaient dès 1884 une journée de travail de 8h, contre parfois 10h ou 12h, à raison de six jours par semaine, voire sept. Ils ont alors sommé les entreprises de passer à la journée de 8h, en leur donnant deux ans pour la mettre en place, avec comme date d’application le 1er mai 1886. » André Larané
Déjà en 1886, le choix de la date n’était pas le fruit du hasard, puisque le 1er mai marquait l’inauguration de l’année comptable pour beaucoup d’entreprises américaines de l’époque.
« Arrive donc le samedi 1er mai 1886 et la plupart des entreprises acceptent la sommation des syndicats et passent aux journées de 8h. La plupart… mais pas toutes. Il s’ensuit qu’à Chicago et ailleurs dans le pays, de grandes manifestations sont organisées dès le 3 mai pour réclamer de la part des réfractaires la journée de 8h. » André Larané
Lors de la manifestation à Chicago tout se passe plutôt bien avant que, dans la soirée, la dispersion tourne au drame : La police assassine trois manifestants. Mais le pire reste à venir.
« Le lendemain, une nouvelle manifestation a lieu, durant laquelle une bombe explose entre manifestants et policiers et fait quinze morts dans les rangs de la police. Plusieurs ouvriers sont jugés, condamnés à perpétuité, mais une dizaine d’autres sont pendus le 11 novembre 1886. » André Larané
Exécutés sans preuves évidentes de leur implication dans cet attentat, les ouvriers deviennent alors des martyrs.




