Kankan, 15 Aout(AGP)- L’éducation en milieu carcéral, une nouvelle méthode en cours d’expérimentation à Kankan. Apprendre aux jeunes et adolescents incarcérés à la maison centrale, à lire et à écrire, c’est une initiative de l’ONG ‘’Union pour l’emploi jeune’’ qui s’inscrit dans la dynamique d’assurer une carrière professionnelle à ces mineurs en conflit avec la loi après leur séjour carcéral.
Dans cette maison carcérale, les responsables soulignent la nécessité de mise à disposition de ressources supplémentaires et d’un encadrement pédagogique adapté pour garantir un environnement d’apprentissage efficace pour les détenus notamment les mineurs.
La Maison Centrale de Kankan connait ces dernières années une transformation significative grâce à des initiatives innovantes.
Après la formation de plusieurs détenus en techniques de saponification, cette institution pénitentiaire s’engage à nouveau d’offrir un avenir meilleur aux jeunes mineurs qui y purgent leur peine.
Dans cette dynamique, l’ONG Union pour l’Emploi Jeune joue un rôle crucial en fournissant des manuels scolaires, permettant ainsi aux jeunes détenus d’accéder à l’éducation, un droit fondamental souvent négligé en milieu carcéral.
« Pour nous, la prison c’est un lieu bien cadré qui participe dans la transformation du cerveau des enfants qui sont en situation de détention pour que dès leur retour dans la société, qu’ils puissent au moins apprendre le bon sens. Qu’est-ce qu’il faut faire, qu’est-ce qu’il ne faut pas faire, donc on a pensé surtout à l’éducation. Partout, le monde se bat pour l’alphabétisation surtout les pays du tiers-monde, réellement si l’éducation des enfants mineurs qui sont là est bien assurée, ça sera un atout pour la société >>, a dit Mory Diallo, président national de l’ONG l’Union pour l’Emploi Jeune.
Cette initiative, saluée par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, vise à briser le cycle de la délinquance en favorisant l’éducation et la formation permettant aux mineurs de poursuivre leur apprentissage dans un environnement difficile.
Pour Lieutenant Moriba Sylla, régisseur de la maison centrale de Kankan, « l’initiative qui a été entreprise par l’ONG Union pour l’Emploi Jeune, c’est quelque chose à saluer sachant que la prison n’est pas un mouroir, quand on est là, l’éducation fait partie des droits des enfants.Même étant en prison, on doit bénéficier de ces droits, alors si aujourd’hui cette ONG, a eu le courage de venir nous accompagner dans le cadre de l’alphabétisation, c’est un ouf de soulagement pour nous », a-t-il souligné.
Dans cette maison d’arrêt, il y avait des enseignants du secondaire et de l’université en détention, qui donnaient un plus à ces détenus mineurs mais depuis leur départ après avoir purgé leur peine, les cours ont été interrompus.
Mamadou Saliou Baldé, substitut du procureur du TPI de Kankan, estime que cette action va combler ce vide :
« Tout d’abord, nous remercions l’ONG Union pour l’Emploi Jeune qui s’inscrit dans le cadre de la réinsertion des personnes en conflit avec la loi se trouvant en milieu carcéral et plus particulièrement les mineurs. Et ça, c’est un geste à saluer, parce que vous savez même le code de l’enfant prévoit que l’État doit mettre en œuvre pour assurer la protection de l’enfant et toutes mesures, toutes décisions doivent être prises en tenant compte de l’intérêt supérieur et c’est pourquoi vous allez voir les articles 994 ; 995 du code de l’enfant, mais aujourd’hui si vous trouvez cette situation comme telle est par manque de moyens et vous avez vu les difficultés qu’il y a, nous allons nous donner les mains pour que le système éducatif affecte des enseignants qui puissent être stables dans ce milieu pour aider les couches vulnérables à pouvoir lire et écrire >> a-t-il soutenu.
La Maison Centrale de Kankan illustre comment des innovations sociales peuvent transformer le système pénitentiaire. Grâce à des initiatives comme celles de l’ONG ‘’Union pour l’Emploi Jeune’’, les mineurs détenus bénéficient d’une chance de réinsertion par l’éducation. Ce modèle pourrait servir d’exemple pour d’autres établissements pénitentiaires du pays.
AGP/15/08/024 MKK/AND




