Kindia, le 10 juillet 2025 — À Kindia, la trêve forestière ne sera pas un simple vœu pieux cette année. Entré en vigueur sur toute l’étendue du territoire national, le repos biologique des essences forestières est désormais au cœur des priorités environnementales locales. Sur le terrain, les autorités préfectorales promettent une application sans concession.
Le directeur préfectoral de l’Environnement, Farah Kamano, est catégorique : toute violation de cette interdiction temporaire d’exploitation forestière entraînera des sanctions exemplaires. L’heure n’est plus à la pédagogie mais à la rigueur.
« Chaque année, cette période de repos est instaurée pour permettre à la nature de se régénérer. Pourtant, certains persistent à défier l’autorité publique. Cette fois-ci, nous irons jusqu’au bout. Aucune indulgence ne sera accordée », a martelé M. Kamano, rencontré dans les locaux de la direction préfectorale.
Le repos biologique, fixé pour une durée d’un mois, coïncide avec la saison des pluies, favorable à la régénération des écosystèmes. Il s’agit, selon les experts, d’un levier essentiel pour la préservation de la biodiversité et la lutte contre la déforestation galopante.
Alerte maximale dans les zones forestières
Dans les 11 communes relevant de sa juridiction, la direction de l’Environnement a donné ordre au chef de la section Forêt-Faune de mobiliser tous les chefs de cantonnement. Objectif : sensibiliser, mais surtout prévenir toute infraction.
« Dès que j’entendrai le bruit d’une tronçonneuse dans une zone protégée, une enquête sera ouverte. Et si les justifications ne tiennent pas, le responsable local sera relevé immédiatement », a-t-il averti, le ton grave.
- Kamano ne compte pas se contenter des rapports administratifs. Des descentes inopinées sur le terrain sont prévues dans les jours à venir.
« Je me rendrai personnellement dans les localités. Mon rôle est de veiller à ce que les directives ministérielles soient appliquées à la lettre », assure-t-il.
Le reboisement en ligne de mire
Cette trêve est aussi l’occasion de relancer les efforts de reboisement. À Sougueta, Linsan et dans d’autres zones identifiées, les préparatifs sont en cours. La réception des plants est attendue, de même que les dernières consignes techniques de Conakry.
« Il pleut, c’est maintenant qu’il faut planter. Les conditions sont idéales pour garantir une reprise efficace des jeunes plants », explique le directeur préfectoral, visiblement mobilisé.
Appel à la mobilisation citoyenne
Au-delà de l’action administrative, Farah Kamano insiste sur la nécessité d’un engagement collectif. Il appelle notamment les médias et les leaders communautaires à jouer leur rôle dans la sensibilisation, notamment en milieu rural où les coupes illégales sont souvent justifiées par la précarité économique.
« L’environnement, ce n’est pas l’affaire d’un seul ministère. C’est une responsabilité partagée. Si nous ne protégeons pas notre cadre de vie, c’est notre propre survie que nous mettons en péril », a-t-il conclu, appelant à une véritable prise de conscience nationale.
AGP/10/07/025 TS/MKC/AND




