spot_img
spot_img
spot_img
AccueilActualitéInternationalMacron plus seul que jamais sur les ruines du camp présidentiel

Macron plus seul que jamais sur les ruines du camp présidentiel

Publié le

 

Conspué par ses opposants, rejeté par l’opinion et maintenant lâché par les siens: Emmanuel Macron est plus seul que jamais à la tête d’une France qui s’enfonce dans la crise politique, sur les cendres du camp présidentiel qui a implosé au grand jour.

« On est dans une crise de régime », dit à l’AFP le président de l’Union des démocrates et indépendants Hervé Marseille, pourtant d’ordinaire tout en bonhomie centriste.

Le chef de l’Etat est lui resté silencieux depuis que la formation du gouvernement de Sébastien Lecornu a viré à la débandade dimanche soir, poussant le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République à démissionner quatorze heures plus tard.

Pour l’heure, il s’est borné à donner, à celui qui apparaît comme l’un de ses derniers fidèles, 48 heures de plus pour tenter de sauver les meubles depuis Matignon.

Emmanuel Macron, pas plus que son entourage, n’ont pas non plus réagi aux charges d’une violence politique inouïe lancées coup sur coup par deux des principaux ténors de son camp, qui furent ses Premiers ministres.

 

– « Présidentielle anticipée » –

 

Lundi, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, le parti dont le chef de l’Etat est toujours président d’honneur, a acté publiquement son divorce, qui couvait depuis la dissolution de l’Assemblée nationale de 2024.

« Je ne comprends plus les décisions du président de la République », a-t-il asséné au 20H de TF1, déplorant « une forme d’acharnement à vouloir garder la main ».

Mardi matin, Edouard Philippe, candidat déclaré à sa succession à l’Elysée, y est allé de sa sentence: « Aujourd’hui, l’Etat n’est plus tenu », et « c’est la responsabilité du président », a-t-il accusé sur RTL.

Surtout, le chef d’Horizons a franchi un pas qu’aucun allié d’Emmanuel Macron n’avait osé franchir jusqu’ici: il l’a appelé à programmer sa démission pour début 2026 afin d’organiser « une élection présidentielle anticipée » après l’adoption d’un budget.

De quoi conforter les opposants qui, au Rassemblement national comme à La France insoumise, appellent à écourter le quinquennat pour sortir de l’impasse, même si jusqu’ici l’intéressé a toujours exclu de partir avant 2027.

« Il y a parmi les anciens macronistes une sorte de course à qui se défera le plus rapidement possible de cet héritage », a observé sur France Inter le chef des députés socialistes Boris Vallaud.

 

– « Fin de règne » –

 

Pour Mathieu Gallard, de l’institut de sondages Ipsos, cette « atmosphère de fin de règne » est en effet liée en partie à la volonté des dauphins potentiels « d’essayer de s’éloigner au maximum de la figure d’Emmanuel Macron », dont la popularité est au plus bas depuis 2017.

« C’est un risque, car ils sont aussi comptables du bilan et parce qu’ils risquent de perdre le socle de 15-20% » des électeurs qui soutiennent encore le chef de l’Etat, « sans avoir beaucoup d’opportunités d’en gagner ailleurs », prévient-il.

Ces divisions internes étalées au grand jour s’ajoutent à l’explosion du « socle commun », qui liait depuis un an LR au camp présidentiel pour gouverner. Une coalition constamment mise en avant par Emmanuel Macron comme la seule possible, notamment lorsqu’il a dû justifier pourquoi il ne nommait pas un Premier ministre plus à gauche.

Difficile dès lors pour les socialistes, sur lesquels la macronie compte encore pour faire passer un budget, de ne pas censurer des forces politiques qui se déchirent toutes seules.

Sous couvert de l’anonymat, même ceux qui se présentent encore comme des « amis » du président ne dissimulent pas leur perplexité.

L’un d’eux estime que c’est Emmanuel Macron qui a « tué » Sébastien Lecornu, en ne lui permettant pas de faire de vraies concessions au PS, et en nommant Bruno Le Maire au ministère des Armées, ce qui a irrité toute la classe politique.

« Je n’arrive pas à résoudre cette équation psychologique », soupire-t-il. « Soit c’est un suicide, soit c’est de la connerie », s’agace un autre proche.

De plus en plus rares sont les macronistes qui s’assument encore ouvertement comme tels.

« Le président reste le meilleur, je me battrai pour qu’il aille jusqu’au bout », martèle le patron des sénateurs Renaissance, François Patriat.

Il critique l’attaque « contreproductive et choquante » de Gabriel Attal, et le « précédent grave » créé par la demande d’Edouard Philippe.

Pour ce soutien inébranlable, « le problème est aujourd’hui au Parlement, ce n’est pas la solitude de l’Elysée ».

AFP

spot_img

Articles récents

Fria : un apprenti conducteur tué  par une chargeuse à l’usine Rusal/Friguia

Fria, 12 fév. (AGP)- La victime, Lanceï Condé, jeune apprenti conducteur au service des...

Mandiana : les acteurs de la santé mobilisés pour lever les obstacles au fonctionnement des structures sanitaires

  Mandiana, 12 fév. (AGP)- La salle de conférence de la Direction préfectorale de la...

Kissidougou : un compromis fragile autour de la désignation du nouveau patriarche

  Kissidougou, 12 fév. (AGP)-Plus d’un an après le décès de Mamady Mansaré, patriarche historique...

Kissidougou : le préfet Mamadou Lamine Gouby Sow lance une tournée de proximité dans les 12 communes rurales

  Kissidougou, 12 fév. (AGP)- Le préfet de Kissidougou, le Contrôleur général Mamadou Lamine Gouby...