Qualifié pour le Mondial 2026, l’Iran se dirige vers un retrait historique. Entre un contexte géopolitique explosif avec Washington et des frictions culturelles majeures sur le sol américain, le ministre des Sports Ahmad Donyamali a publiquement acté l’impossibilité pour son pays de participer au tournoi.
Le dossier a basculé de la rumeur à la crise diplomatique ouverte. Après les doutes de la fédération iranienne ces derniers jours, Ahmad Donyamali a franchi un cap décisif en assurant que Téhéran ne pouvait «en aucun cas» envoyer sa sélection aux États-Unis. Cette sortie musclée contredit frontalement l’optimisme de Gianni Infantino, qui affirmait récemment que Donald Trump considérait l’Iran comme «bien sûr le bienvenu» pour l’événement. Pour le pouvoir iranien, le cadre même de la compétition est devenu inacceptable.
Un boycott aux racines politiques et symboliques Cette rupture totale s’inscrit dans un climat de tension extrême avec Washington, exacerbé par les récents événements militaires. Pour justifier ce boycott, le ministre des Sports a tenu des propos très forts : «Vu que ce gouvernement corrompu a assassiné notre leader, il n’y a aucune condition qui ferait que l’on participe à cette Coupe du monde. On nous a imposé deux guerres en huit ou neuf mois, et des milliers de nos citoyens ont été assassinés. Il n’y a aucune possibilité que l’on participe.» Dans ce contexte de deuil national, disputer un Mondial sur le sol de l’adversaire principal représenterait une humiliation politique impossible à assumer.
Au-delà du conflit armé, un facteur sociétal crispe également les positions. Le match Égypte-Iran, prévu le 26 juin à Seattle, a été désigné comme «Pride Match» par les organisateurs locaux, avec une promotion active des communautés LGBTQIA+ en plein mois des fiertés. En décembre dernier, les fédérations égyptienne et iranienne avaient déjà protesté contre cette programmation. Ce contentieux révèle une fracture idéologique profonde entre le cadre culturel progressiste voulu par les villes hôtes américaines et la ligne conservatrice radicale de Téhéran. L’urgence du remplacement pour la FIFA –
Si l’annonce est retentissante, le retrait n’est pas encore juridiquement acté auprès de la FIFA. Tant que Zurich n’a pas reçu de notification officielle, l’instance temporise, mais le règlement lui laisse une totale liberté : en cas de forfait, la FIFA peut remplacer une sélection «à son entière discrétion» . Si la logique sportive désigne naturellement une nation asiatique, la marge de manoeuvre reste floue. La FIFA doit désormais trancher : faut-il sanctionner l’Iran pour cette ingérence politique ou procéder à un repêchage immédiat pour sauver le calendrier ? Une réunion d’urgence est attendue pour régler la question du remplaçant. L’Irak, déjà engagé dans les barrages asiatiques, apparaît comme la piste la plus légitime, bien que l’option des Émirats arabes unis circule également dans les couloirs de la FIFA. L’idée d’un repêchage «médiatique» de l’Italie semble, elle, relever du pur fantasme. Ce boycott potentiel est un test de crédibilité majeur pour Infantino, coincé entre les impératifs de billetterie, la realpolitik et l’image d’un Mondial censé «unir le monde» à seulement trois mois du coup d’envoi.
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