Kindia, 18 mai (AGP)- Après des décennies de léthargie due à un manque de financement, l’Institut de Recherche de Biologie Appliquée de Guinée (IRBAG) anciennement appelé l’Institut Pasteur de Kindia (IPK) renaît peu à peu de ses cendres.
Au cours d’un reportage au sein dudit institut, le directeur général adjoint, Dr Gbago Laurent Onivogui a rappelé l’historique de IRBAG : « Cet institut a été fondé en 1924 par les français. Il servait de Laboratoire de recherche et d’expérimentation d’espèces animales en Guinée », a-t-il dit.
Poursuivant, Dr Onovigui a déclaré que l’institut servait également à la fabrication des sérums contre la morsure des serpents.
Après l’indépendance de la République de Guinée le 02 octobre 1958, il y a eu une rupture dans les relations diplomatiques entre la Guinée et la France, malgré cette rupture, les chercheurs français sont restés en Guinée jusqu’à 1965.
« Dès 1965, les chercheurs français ont quitté, ils ont transféré l’institut aux locaux guinéens qui ont continué à faire fonctionner l’institut jusqu’à la mort du feu Président Ahmed Sékou Touré. Avec l’arrivée des militaires au pouvoir en 1984, l’institut a souffert d’un manque de financement pour son fonctionnement, la fabrication des sérums a cessée et l’institut est tombé en ruine », a-t-il indiqué.
L’institut Pasteur de Kindia à son apogée disposait des centaines d’espèces animales pour des fins de recherche scientifique, bactériologique, virologique notamment des serpents, des lions, des chimpanzés, des singes, dont le plus célèbre surnommé « Tarzan ».
« Ce chimpanzé surnommé « Tarzan » était un mâle qui a déjoué tous les pronostics scientifiques notamment l’affirmation selon laquelle, qu’une espèce apprivoisée, en captivité ne peut pas féconder une autre. Capturé dans la région de Mamou, Tarzan a été intégré au sein de l’institut parmi d’autres espèces, résultats, il a fécondé et donné naissance six (06) bébés chimpanzés », a fait savoir Dr Laurent Onivogui.
Le DGA de l’IRBAG a déclaré qu’à leur arrivée en tant que responsables, d’importants travaux de réhabilitation ont été entamés notamment la réalisation d’une route d’accès de 4 kilomètres, l’ouverture d’une école doctorale pour le renforcement des capacités des chercheurs.
« Avec le soutien des autorités notamment le Président Mamadi Doumbouya, à travers le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, nous ambitionnons la relance de la production des sérums au sein de l’IRBAG, parce que dans notre centre de prise en charge des personnes victimes de morsure de serpent, le coût du vaccin est de 50 dollars, très coûteux pour le citoyen lambda », a-t-il souligné.
A noter que par le passé, le sérum contre la morsure qui est utilisé en Guinée, était produit et expérimenté en Guinée selon le DGA de l’IRBAG.
« Mais, ce sérum est produit actuellement dans d’autres pays, puis revendu à la Guinée à hauteur de 50 dollars par flacon », a-t-il déploré.
AGP/18/05/026 AGK/MKC/AND




