Après plusieurs jours de frappes aériennes conjointes entre le Nigeria et les Etats-Unis menées dans le nord-est du pays, le bilan s’élève à 175 combattants de l’Etat islamique (EI) tués, selon l’armée nigériane.
« 175 militants de l’EI ont été éliminés sur le champ de bataille », a affirmé mardi dans un communiqué Samaila Uba, un porte-parole de l’armée.
« Les frappes conjointes ont permis la destruction de postes de contrôle de l’EI, de caches d’armes, de centres logistiques, d’équipements militaires et de réseaux financiers utilisés pour soutenir les opérations terroristes », a-t-il précisé.
Depuis 2009, une insurrection jihadiste menée par Boko Haram puis par son rival, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du pays le plus peuplé d’Afrique, selon l’ONU.
Le nord du Nigeria est également confronté à la violence de bandes criminelles, qui procèdent fréquemment à des attaques contre des villages et à des enlèvements massifs contre rançons.
Chefs de l’EI « éliminés »-
Samedi, le chef jihadiste Abou Bilal al-Minuki, présenté comme « l’un des agents les plus importants de l’EI au monde » par Samaila Uba, avait été tué dans un village isolé du nord-est lors d’une opération des deux pays.
« Al-Minuki jouait un rôle central dans les opérations extérieures de l’EI, coordonnant le financement du terrorisme, le recrutement, la logistique et la planification d’attaques visant des Nigérians et des civils innocents à travers le monde », a expliqué dans son communiqué de mardi le porte-parole, ajoutant que « sa mort perturbe gravement le commandement de l’EI, la coordination opérationnelle et les réseaux d’attaques extérieures ».
Après l’annonce de la mort d’Al-Minuki le weekend dernier, le président nigérian Bola Tinubu avait remercié son homologue américain Donald Trump pour son « soutien indéfectible », disant attendre « avec impatience des frappes plus décisives contre toutes les enclaves terroristes à travers le pays ».
Selon le communiqué de l’armée daté de mardi, d’autres figures importantes de l’EI ont été « éliminées » dont « Abd-al Wahhab, haut responsable de l’Iswap chargé de coordonner les attaques et de diffuser la propagande, Abu Musa al-Mangawi, membre haut placé de l’Iswap, et Abu al-Muthanna al-Muhajir, responsable de l’équipe de production médiatique de l’Iswap et proche confident d’al-Minuki ».
Boko Haram et l’Iswap ont intensifié ces derniers temps leurs attaques contre des villages, des postes de police, des groupes de travailleurs comme des bûcherons ou des pêcheurs, ainsi que des bases militaires, causant la mort de plusieurs civils et haut gradés de l’armée.
Cette recrudescence d’attaques meurtrières et d’enlèvements a conduit le président nigérian à décréter en 2025 un état d’urgence sécuritaire à l’échelle nationale et le président américain à menacer le pays d’une intervention militaire.
M. Trump avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes », ce qu’Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait déjà mené le jour de Noël des frappes dans l’État de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des jihadistes de l’EI.
Washington a depuis déployé environ 200 soldats au Nigeria pour soutenir et former ses forces armées.
Le Commandement américain pour l’Afrique (Africom) est aussi engagé contre l’EI et les insurgés islamistes shebab en Somalie, où il a intensifié ses frappes aériennes depuis le début de l’année.
AFP




