L’épidémie d’Ebola a fait plus de 300 victimes en République démocratique du Congo (RDC), un peu plus d’un mois après sa déclaration, ont annoncé vendredi les autorités sanitaires.
Cette maladie virale mortelle, qui se propage par contact direct avec les fluides corporels, peut provoquer de graves hémorragies et une défaillance d’organes.
Au total, 304 personnes sont décédées du virus en RDC, sur 1 115 infections confirmées depuis la détection de l’épidémie le 15 mai, ce qui donne un taux de mortalité de 26,3 %, a déclaré l’Institut national de santé publique (INSP).
Cela représente une augmentation par rapport aux 202 décès confirmés le 18 juin par l’agence sanitaire de l’Union africaine, sur 875 infections confirmées – soit un taux de mortalité de 23 %.
La Croix-Rouge a averti la semaine dernière que l’épidémie de fièvre hémorragique n’avait pas encore atteint son pic et qu’il pourrait falloir jusqu’à un an pour la contenir.
Parmi les rares bonnes nouvelles, les autorités de la RDC ont annoncé début juin que plusieurs patients atteints d’Ebola avaient été traités et guéris.
Les intervenants face à cette épidémie, la 17e à frapper ce vaste pays instable d’Afrique centrale, sont confrontés à des défis colossaux.
Il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo du virus responsable de la dernière épidémie qui a frappé la RDC, l’un des pays les plus pauvres du monde.
Les trois provinces touchées dans l’est de la RDC — l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu — sont en proie depuis trois décennies à des conflits et à des déplacements massifs de population, ce qui complique la réponse.
L’épidémie s’est propagée à l’Ouganda voisin, où les mesures de confinement se sont avérées efficaces.
Kampala a recensé 20 cas confirmés à l’échelle nationale, dont deux décès depuis le 15 mai. La plupart des personnes infectées sont des ressortissants congolais ayant voyagé en Ouganda.
Mercredi, la France a signalé le premier cas confirmé d’Ebola hors d’Afrique : un médecin congolais travaillant en RDC pour l’ONG médicale internationale ALIMA.
L’Organisation mondiale de la santé affirme que le risque de propagation du virus en Europe est minime et qu’il n’y a pas lieu d’imposer des restrictions de voyage.
Air France, compagnie avec laquelle le médecin est rentré en France, a néanmoins suspendu tous ses vols vers Kinshasa pour plusieurs jours.
Ituri –
La grande majorité des cas en RDC ont été détectés en Ituri.
Cette province riche en minéraux est en proie à des troubles causés par une série de groupes armés rivaux, et les fréquents mouvements de population favorisent la propagation de la maladie.
Plus de 91 % des infections ont été enregistrées dans la capitale provinciale, Bunia, et plus de 82 % des décès.
Les efforts pour contenir le virus ont été intensifiés dans l’Ituri.
Mais les établissements de santé — qui fonctionnent souvent avec des ressources limitées — manquent toujours d’équipements et de fournitures de base, tels que des équipements de protection individuelle et du chlore.
De nombreuses cliniques mises en place par l’OMS et les agences humanitaires sont presque saturées, a indiqué l’agence de santé publique du pays.
Au moins 78 professionnels de la santé ont été infectés par le virus et 18 en sont décédés, a-t-on ajouté.
Le personnel médical et humanitaire doit également faire face à une profonde méfiance de la part de certaines communautés locales.
Certaines familles ont exigé que les hôpitaux leur remettent les corps des défunts, sans se rendre compte que le simple fait de toucher le corps les expose à un risque de contamination.
La réticence de certaines familles à autoriser les autopsies des victimes conduit également à une sous-estimation du nombre de cas, ont indiqué les autorités.
AFP




