Un tribunal sud-coréen a condamné lundi l’ancien président Yoon Suk Yeol à deux ans de prison pour avoir illégalement reçu des sondages d’opinion gratuits en échange d’un soutien politique, aggravant ainsi ses démêlés judiciaires croissants.
Yoon, âgé de 65 ans, est déjà en détention pendant qu’il fait appel d’une autre condamnation à perpétuité pour avoir mené une insurrection en déclarant la loi martiale en 2024.
Dans une autre affaire, un tribunal a condamné Yoon à 30 ans de prison pour avoir envoyé des drones en Corée du Nord afin de « provoquer » une crise avant sa tentative d’instauration de la loi martiale.
La décision rendue lundi n’avait aucun lien avec le décret de loi martiale.
Il s’agissait d’allégations selon lesquelles il aurait reçu des sondages d’opinion gratuits entre 2021 et 2022 en échange de son soutien à un candidat briguant l’investiture de son parti lors d’une élection parlementaire partielle.
« Le tribunal l’a reconnu coupable aujourd’hui de violation de la loi sur le financement politique et l’a condamné à deux ans de prison », a déclaré à l’AFP un représentant du tribunal du district central de Séoul.
Dans son jugement, le tribunal a constaté que Yoon, en collusion avec sa femme Kim Keon Hee, avait reçu 14 sondages d’opinion gratuits du puissant intermédiaire Myung Tae-kyun en échange de son soutien à un candidat soutenu par Myung.
« La conduite de Yoon a considérablement aggravé la méfiance du public envers la politique et a sapé les espoirs du peuple quant au bon développement de la gouvernance démocratique », a déclaré le tribunal dans un communiqué transmis à l’AFP.
« La culpabilité de l’accusé est donc exceptionnellement grave », a-t-il ajouté.
Le tribunal a également reconnu Myung coupable et l’a condamné à 18 mois de prison.
Les avocats de Yoon ont annoncé leur intention de faire appel, arguant que le verdict de culpabilité était « fondé uniquement sur des déductions ».
Cette décision intervient alors que l’ancienne Première dame Kim attend jeudi un verdict de la Cour suprême dans la même affaire.
Elle avait été acquittée lors de deux jugements précédents.
Kim purge déjà une peine de sept ans de prison dans une affaire de corruption liée à des emplois qui auraient été obtenus en échange de cadeaux.
Elle purge également une peine de quatre ans dans une autre affaire de manipulation boursière et de corruption.
En déclarant la loi martiale en décembre 2024, Yoon a plongé la Corée du Sud dans une crise politique. Le décret a été rapidement rejeté par les parlementaires de l’opposition, et il a par la suite été destitué.
AFP




