Kindia, 14 juil. (AGP)- Réputée pour ses importantes plantations d’oranges, de bananes, d’ananas, d’avocats, de citrons et de goyaves, la préfecture de Kindia, surnommée la capitale des agrumes, continue pourtant d’afficher des prix élevés pour les fruits sur les marchés locaux, malgré une production jugée abondante.
Producteurs, agronomes et commerçants interrogés s’accordent à attribuer cette situation à la hausse continue des coûts de production, qui se répercute sur les prix de vente.
« Aujourd’hui, un sac d’engrais coûte entre 550 000 et 600 000 francs guinéens. À cela s’ajoute le prix des produits phytosanitaires, de la main-d’œuvre et du transport. Nous sommes contraints d’augmenter les prix pour éviter de travailler à perte », explique Aïssatou Bagna Diallo, entrepreneure agricole installée à Kindia.
Selon elle, les difficultés d’accès aux intrants agricoles et leur renchérissement pèsent lourdement sur les exploitations, malgré le recours à des engrais organiques. Même constat pour l’ingénieur agronome Aboubacar Sylla, qui souligne que les principaux engrais minéraux atteignent désormais des niveaux de prix « préoccupants ».
« L’urée et la potasse dépassent chacune les 600 000 francs guinéens le sac, tandis que le NPK se négocie entre 330 000 et 350 000 francs. Avec de tels coûts, il est difficile de proposer des fruits à bas prix », affirme-t-il. Il a évoqué également les pertes causées par les animaux en divagation et les dépenses supplémentaires liées à la surveillance des plantations.
Sur les marchés, les commerçants rassurent qu’ils répercutent les prix pratiqués par les producteurs, auxquels s’ajoutent les frais de transport et les pertes liées à la détérioration des fruits.
« Nous achetons déjà les fruits à des prix élevés dans les villages. Nos marges restent faibles et il nous arrive parfois de vendre à perte », témoigne Yarie Soumah, vendeuse de fruits.
Pour M’Mah Keïta, également commerçante, la saison des pluies accentue les difficultés d’approvisionnement et contribue à la hausse des prix.
Malgré son statut de principal bassin fruitier du pays, Kindia reste confrontée aux défis structurels de la filière, notamment le coût des intrants, les difficultés de transport, les pertes post-récolte et les contraintes saisonnières.
Les acteurs du secteur appellent à un renforcement de l’appui public afin de soutenir la production locale et favoriser un meilleur accès des consommateurs à des fruits à des prix plus abordables.
AGP/14/07/026 ST/CM/AND




