Des tensions ont émergé cette semaine entre les autorités de transition de Guinée-Bissau et le Cap-Vert, à propos de la détention du leader de l’opposition bissau-guinéenne depuis le 10 juillet, que Praia a dénoncée.
Le Parlement de transition en Guinée-Bissau, pays dirigé par des militaires depuis un coup d’Etat le 26 novembre, a annoncé mercredi suspendre ses relations « politiques » avec le Cap-Vert, sans préciser ce que cela implique concrètement.
Domingos Simoes Pereira, chef du PAIGC aujourd’hui dans l’opposition, est soupçonné par la justice d’être impliqué dans plusieurs tentatives de coup d’Etat, et a été placé en détention le 10 juillet par un tribunal militaire après s’être présenté à une convocation d’un juge.
M. Pereira avait été fait prisonnier le jour du coup d’Etat qui a renversé le président Embalo en novembre. Il avait été libéré en janvier et placé en résidence surveillée.
A la suite de son placement en détention la semaine dernière, le gouvernement cap-verdien a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé à la libération rapide de Domingos Simões Pereira, dans un communiqué publié mardi.
« Le gouvernement cap-verdien n’a aucune légitimité pour faire des commentaires à propos de la situation politiques et judiciaire en Guinée-Bissau », a répondu Fernando Vaz, porte-parole du Conseil national de Transition (CNT), l’organe législatif mis en place par la junte, lors d’une conférence de presse mercredi.
Il a annoncé « la suspension pratique des relations politiques avec le Cap-Vert » même si « les relations entre nos deux peuples ne saurait être affectées par des divergences politiques entre nos deux gouvernements actuels », a-t-il poursuivit.
Toutefois, cette annonce « n’entraîne pas la suspension des relations diplomatiques », a expliqué mardi à l’AFP une source au sein du ministère des Affaires étrangères, sans pouvoir préciser ce qu’implique la suspension des relations politiques.
Le parti au pouvoir au Cap-Vert, le PAICV, est historiquement lié au parti de M. Pereira à Bissau.
Le Cap-Vert et la Guinée-Bissau ont mené une lutte de libération nationale commune contre le colonialisme portugais entre 1961 et 1974, conduite par le parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC).
La Guinée-Bissau a accédé à l’indépendance en 1974 et le Cap-Vert en 1975. Les deux pays ont cheminé ensemble avec un hymne national et un drapeau communs jusqu’en novembre 1980.
Un coup d’Etat a alors renversé le président bissau-guinéen Luis Cabral, demi-frère de Amilcar Cabral, fondateur du PAIGC. Ce coup de force a mis fin en 1981 à l’Union politique entre les deux pays.
AFP




