Conakry, 12 août (AGP)- La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, entourée de son homologue du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, et du gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, a présenté à la presse, mardi 12 août 2026, les principaux enjeux de l’accord conclu récemment avec les services techniques du Fonds Monétaire International (FMI).
Selon Mariama Ciré Sylla, cet accord ouvre la voie à la mise en place d’un nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) avec cinq (5) priorités majeures : « Le programme, prévu sur 41 mois, doit être assorti d’un financement de près de 425 millions de dollars. Sa mise en œuvre reste toutefois soumise aux procédures d’approbation du FMI », a-t-elle indiqué.
Ce futur programme mettra notamment l’accent sur: la mobilisation durable des recettes publiques, notamment minière et le renforcement de la transparence dans la gestion des ressources naturelles; l’amélioration de la gestion des finances publiques, de la programmation et de l’exécution des investissements ainsi que de la qualité de la dépense; la stabilité microéconomique et financière, le renforcement des réserves internationales et la résilience face aux chocs; le renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la redevabilité ainsi que des institutions économiques; la diversification de l’économie, le développement du secteur privé, la création d’emplois et le renforcement du capital humain.
« Ces réformes doivent permettre à l’État de mieux capter et orienter les revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles, au moment où le pays entre dans une nouvelle phase de son développement avec la montée en puissance du projet minier de Simandou », a-t-elle dit.
Le programme Simandou 2040, feuille de route nationale de transformation économique sur 15 ans, prévoit 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes, avec une ambition d’investissement annoncée à 200 milliards de dollars sur la période 2025-2040. La première phase, couvrant 2025-2030, représente à elle seule, 65 milliards de dollars d’investissements, dont 20 milliards liés au mégaprojet de Simandou.
« Notre ambition est de faire en sorte que les richesses de la Guinée servent davantage la Guinée et que chaque franc public mobilisé produise davantage de résultats pour le peuple guinéen », a déclaré Mariama Ciré Sylla.
Poursuivant son intervention, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a insisté sur la nécessité de restaurer la discipline budgétaire, de moderniser et de digitaliser les administrations, d’améliorer la mobilisation des recettes et de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques.
« La mobilisation des ressources et l’amélioration de l’efficacité de la dépense constituent des leviers centraux du financement du développement et de Simandou 2040 », a-t-elle affirmé.
Le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a pour sa part, souligné que la stabilité macroéconomique devait être considérée comme « le socle » de la transformation du pays.
« Nous ne stabilisons pas l’économie pour stabiliser l’économie. Nous la stabilisons pour pouvoir investir davantage dans nos routes, notre énergie, notre agriculture, nos industries, nos systèmes éducatif et sanitaire, mais surtout dans le capital humain », a-t-il expliqué.
Selon Ismaël Nabé, la coopération avec le FMI doit ainsi contribuer à renforcer la capacité de la Guinée à financer elle-même une part croissante de son développement, tout en conservant la maîtrise de ses priorités nationales.
Cette orientation intervient alors que le gouvernement cherche également à attirer davantage de capitaux privés et de financements extérieurs pour accompagner les investissements structurants. Les discussions engagées avec le FMI et les partenaires internationaux s’inscrivent notamment dans cette volonté de faire du programme Simandou, un levier de transformation économique, de diversification et de création d’emplois.
La Guinée a par ailleurs obtenu sa première notation souveraine internationale à B+, avec une perspective initialement stable, une évolution présentée comme un signal destiné à renforcer la crédibilité financière du pays et son attractivité auprès des investisseurs.
Le futur programme avec le FMI devrait également porter sur l’amélioration de la programmation et de l’exécution des investissements publics, la qualité de la dépense, la stabilité financière, le renforcement des réserves internationales, la gouvernance et la diversification de l’économie.
L’enjeu est désormais de transformer l’augmentation attendue des revenus miniers en investissements durables dans les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, l’énergie, l’éducation, la santé et le capital humain, afin que les retombées du projet Simandou contribuent à une transformation durable de l’économie guinéenne, a-t-on fait savoir.
AGP/12/08/026 TM/CM/AND




