Conakry, 13 août (AGP)– L’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), a organisé, jeudi 13 août 2026, à Conakry, un atelier national de consultation, de présentation et d’examen de projets de textes juridiques relatifs à la cybersécurité et à la cybercriminalité.
La rencontre a réuni des cadres de l’ANSSI, des représentants des médias, des consultants spécialisés dans la cybersécurité et le cyberespace, des opérateurs de téléphonie ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales.
Élaborés sur instruction du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, avec l’appui du cabinet SOCSLAWYERS, les projets de textes visent à actualiser et à renforcer le cadre juridique guinéen face à l’évolution des menaces numériques, a-t-on indiqué.
Le Consultant chargé de la mission et associé-gérant de SOCSLAWYERS, Oumar Camara, a rappelé que la Guinée dispose depuis 2016 d’une loi relative à la cybersécurité et à la protection des données personnelles. Selon lui, ce dispositif est toutefois demeuré principalement axé sur la cybercriminalité, laissant des insuffisances dans l’encadrement spécifique de la cybersécurité.
Il a souligné que la transformation numérique concerne désormais la quasi-totalité des administrations et des entreprises, de plus en plus présentes dans le cyberespace. Cette évolution, a-t-il souligné, nécessite un cadre juridique permettant de renforcer la responsabilité des entreprises, en particulier des plus grandes, face aux risques et menaces numériques.
Pour M. Camara, la question relève également de la sécurité nationale et du développement économique et social, ce qui justifie une révision du cadre juridique existant afin d’en combler les lacunes.
Le Directeur du Centre d’alerte et de réponse aux attaques informatiques, Fodé Kouyaté, a également insisté sur l’importance d’adapter le dispositif juridique national aux nouvelles réalités technologiques.
D’après lui, la loi adoptée en 2016 sur la cybersécurité et la protection des données personnelles, qui fête ses dix ans, reste davantage orientée vers la lutte contre la cybercriminalité et n’a pas suffisamment intégré les évolutions technologiques intervenues au cours de la dernière décennie.
Il a rappelé que l’État, à travers son ministère de tutelle, mène un vaste programme de digitalisation des systèmes d’information, une dynamique qui s’accompagne de nouveaux risques, notamment les cyberattaques et les incidents susceptibles d’affecter les infrastructures numériques.
Le nouveau cadre juridique doit ainsi prendre en compte des évolutions technologiques récentes, notamment l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et la cryptographie, afin de mieux accompagner la transformation numérique de la Guinée et de renforcer la sécurité de son cyberespace, a-t-il précisé.
AGP/13/08/026 AGK/CM/AND




