La télévision publique hongroise a diffusé jeudi son premier bulletin d’information depuis juillet, mettant fin à une suspension décidée par le nouveau gouvernement de Peter Magyar, qui s’est engagé à restaurer l’indépendance des médias publics.
Le contrôle de la presse constituait un pilier essentiel du gouvernement du précédent de M. Magyar, le nationaliste Viktor Orban, qui a passé s’emparer et au pouvoir à transformer ce pays d’Europe centrale en une « démocratie illibérale », avant d’être évincé lors des élections d’avril.
La réforme du système des médias publics figurait parmi les principaux engagements de campagne de M. Magyar, un conservateur pro-européen qui s’est engagé à opérer un « changement de régime » en Hongrie.
La principale chaîne de télévision publique, M1, avait suspendu tous ses programmes d’information le 7 juillet, alors que les réformes étaient lancées.
Elle a diffusé son premier bulletin depuis cette date à 06H00 (04H00 GMT) jeudi, jour de fête nationale en Hongrie.
Le bulletin a commencé par un sujet consacré à la prise de fonctions, la veille, du nouveau président hongrois, Andras Baka, critique de Viktor Orban et ancien juge à la Cour suprême.
Le site d’information indépendant Telex a souligné que le bulletin de 25 minutes proposait une couverture équilibrée, avec notamment des voix de l’opposition et des critiques du pouvoir, une situation inédite durant les années Orban.
Des journalistes avaient auparavant raconté les difficultés qu’ils rencontraient pour faire leur métier sous Viktor Orban, ainsi que les efforts nécessaires pour restaurer la confiance du public.
Le groupe public de médias Kozmedia — auparavant appelé MTVA et regroupant plusieurs chaînes de télévision, dont M1, des stations de radio et l’agence de presse nationale MTI — a indiqué sur Facebook qu’aucune des personnes ayant précédemment travaillé aux bulletins d’information n’avait participé à l’édition de jeudi.
Mais plusieurs employés ont déclaré à l’AFP que, si quelques présentateurs et journalistes avaient été remerciés, les effectifs restaient pour l’essentiel repris.
Mercredi, Telex avait également signalé que le nombre des mêmes rédacteurs en chef et journalistes, qui « produisaient auparavant de la propagande », étaient toujours en poste, citant un courriel reçu d’une source interne.
AFP




