Le président Paul Biya est rentré jeudi soir à Yaoundé, ont constaté des journalistes de l’AFP, après une absence prolongée de plus de 70 jours qui a alimenté les spéculations sur son état de santé et relancé le débat sur l’inertie au sommet de l’Etat.
Le doyen des chefs d’État dans le monde, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, a atterri aux alentours de 16H00 GMT, en provenance de Genève où il séjournait depuis le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », selon un communiqué officiel. Il a quitté l’aéroport de Yaoundé en saluant la faute de sa voiture d’un geste de la main, à travers la fenêtre légèrement entrouverte.
Plusieurs dizaines de militants du parti présidentiel, dont certains arboraient un pagne à l’effigie du président, étaient réunis à l’aéroport de Yaoundé pour l’accueillir, dans une ambiance festive.
L’état de santé de M. Biya, qui séjourne très régulièrement à Genève, fait l’objet de maintes rumeurs, parfois de démences par le gouvernement. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait démenti l’hospitalisation du dirigeant camerounais dans une clinique genevoise, en réaction à des articles de presse.
Cette absence d’une longueur inédite a relancé le débat sur l’inertie du pouvoir camerounais et a suscité de vives critiques de l’opposition, qui a énoncé un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique », alors que la nomination d’un nouveau gouvernement et d’un vice-président sont attendus depuis plusieurs mois.
Ces absences répétées depuis plus de vingt ans ne cessent d’alimenter la frustration de nombreux Camerounais, alors que la réélection de M. Biya à un huitième mandat en octobre 2025 avait donné lieu à des manifestations réprimées dans le sang – le gouvernement reconnaissant « plusieurs dizaines » de morts sans fournir de bilan exact.
AFP




