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La Guinée-Bissau vote sur l’octroi de pouvoirs accrus au président

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La Guinée-Bissau, pays dirigé par l’armée, organise dimanche un référendum sur une réforme constitutionnelle qui donnerait davantage de pouvoirs au président, avant des élections générales prévues plus tard cette année pour rétablir un régime civil.

Cette décision fait suite à une série d’autres pays africains, dont le Zimbabwe et le Tchad, qui ont modifié leur constitution ces dernières années afin d’allonger la durée des mandats, de supprimer les limites d’âge ou de renforcer les pouvoirs de l’exécutif.

L’armée a pris le pouvoir en Guinée-Bissau, pays lusophone, en novembre, quelques jours seulement après une élection présidentielle, renversant le chef de l’État et suspendant le processus électoral.

La junte au pouvoir a depuis approuvé à l’unanimité un amendement constitutionnel visant à passer d’un système parlementaire à un système présidentiel, et le public sera maintenant appelé à le soutenir.

Cela permettrait au chef de l’État de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, et de dissoudre le Parlement.

La junte affirme que ce changement vise à stabiliser les institutions avant les nouvelles élections présidentielles et parlementaires prévues le 6 décembre, destinées à rendre le pouvoir aux civils.

Mais le climat politique est tendu dans ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest, sujet aux coups d’État, où l’opposition a exhorté les électeurs à boycotter le référendum « dans un contexte de restrictions des libertés publiques ».

« Les activités politiques sont suspendues, les sièges des partis sont fermés et les groupes politiques n’ont pas le droit de participer à la campagne », a déclaré le PAIGC, le parti historique qui a mené le pays à l’indépendance du Portugal en 1974, dans un communiqué.

Dimanche, les électeurs répondront par « oui » ou « non » à la question suivante : Êtes-vous d’accord avec l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution approuvée par le Conseil national de transition ?

‘Dangereux’ –

Le nouveau texte propose d’abandonner l’ancien système selon lequel le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, ce qui a conduit à un partage du pouvoir difficile.

Suite aux élections législatives de 2023, le président de l’époque, Umaro Sissoco Embalo, a dissous le parlement dominé par l’opposition en décembre de la même année, en réponse à ce qu’il a décrit comme une tentative de coup d’État.

Il a ensuite gouverné par décret jusqu’à son éviction par l’armée en novembre 2025, la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections nationales.

Nelson Moreira, membre du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif intérimaire dont les 65 membres ont été nommés par la junte, a déclaré à l’AFP que la constitution proposée empêcherait de tels conflits entre la présidence et le bureau du Premier ministre, qui ont miné la stabilité par le passé.

« Cette consultation populaire sert d’outil pour réécrire la loi fondamentale, truffée de lacunes », a-t-il déclaré.

L’analyste politique Malam Fati a déclaré que « les dirigeants de la transition estiment que cette réforme mettra fin aux blocages institutionnels fréquents qui ont marqué la vie politique de la Guinée-Bissau ».

Mais d’autres membres de la classe politique et de la société civile contestent farouchement une réécriture aussi complète de la constitution par une autorité de transition non élue.

Abubacar Touré, président de la Ligue des droits de l’homme, a averti que la modification proposée était « dangereuse pour notre démocratie ».

« Le système présidentiel que la junte veut imposer concentrera tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme », a récemment déclaré Ture aux journalistes.

Fransual Dias, avocat et analyste politique basé à Lisbonne, s’est interrogé : « Comment des personnes qui n’ont aucune légitimité pour réviser la constitution peuvent-elles demander au peuple de l’approuver par référendum ? »

« C’est un véritable cirque qu’ils sont en train de monter », a-t-il déclaré à une station de radio portugaise.

Le choix du moment du vote – en pleine saison des pluies – a également suscité des interrogations, car certaines régions risquent d’être isolées par les intempéries.

Figurant parmi les pays les plus pauvres du monde, la Guinée-Bissau a connu cinq coups d’État et une série de tentatives de putsch depuis 1974.

AFP

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