Kankan, 30 sept. (AGP) – Trente-neuf personnes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt dans le cadre d’une opération de lutte contre la consommation et le trafic de stupéfiants à Kankan, a annoncé mercredi le procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Kankan, Ibrahima Camara.

Le magistrat, qui s’exprimait lors d’un point de presse au siège de la juridiction, a également fait le point sur la condamnation d’un prévenu poursuivi pour escroquerie ainsi que sur les tirs de sommation effectués mardi soir à la Maison centrale de Kankan.
Selon le procureur, l’opération contre les stupéfiants fait suite à plusieurs signalements concernant notamment les berges du fleuve Milo, identifiées comme des lieux de regroupement de jeunes pour la consommation de drogue.
« Dès notre prise de fonction, nous avons tenu une réunion avec nos unités d’intervention, sous l’égide du commandant régional de la Gendarmerie et du directeur régional de la Sûreté. Un plan d’opération a été adopté et plusieurs missions d’interpellation ont été menées », a expliqué Ibrahima Camara.
Il a précisé que les 39 personnes interpellées ont été placées sous mandat de dépôt et qu’une information judiciaire a été ouverte afin d’identifier les différents acteurs impliqués dans le circuit des stupéfiants, notamment les transporteurs, les vendeurs et les consommateurs.
« Nous allons poursuivre les investigations pour remonter la chaîne et identifier les différents intervenants », a-t-il indiqué.
Escroquerie : deux ans de prison ferme et 1,3 milliard de francs guinéens de dommages;
Abordant le volet judiciaire, le procureur a annoncé la condamnation de Moussa Dioubaté, poursuivi à la suite de 18 plaintes pour des faits d’escroquerie liés à l’organisation d’un voyage pour le pèlerinage.
Selon le parquet, les plaignants avaient remis des sommes d’argent au prévenu afin de prendre part au pèlerinage, mais n’ont finalement pas pu effectuer le voyage.
Jugé lundi dernier, Moussa Dioubaté a été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens.
Sur le plan civil, le tribunal l’a également condamné à verser 1,3 milliard de francs guinéens aux 18 victimes, au titre de la réparation du préjudice, a précisé le procureur.
Maison centrale : des tirs de sommation après un mouvement de tension.
Revenant sur l’incident survenu mardi soir à la Maison centrale de Kankan, Ibrahima Camara a indiqué qu’il s’agissait d’une opération visant à transférer un détenu vers la prison civile de Kindia.
Selon ses explications, le procureur général près la Cour d’appel avait ordonné le transfert de ce détenu, présenté comme susceptible de constituer un risque pour la sécurité de l’établissement.
Une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) s’est ainsi rendue à la Maison centrale pour exécuter la mesure.
« Lorsque la BAC est entrée dans la cour, l’intéressé, qui se trouvait dans les cales, a manœuvré d’une certaine manière, provoquant une révolte parmi les détenus qui affirmaient qu’il n’était pas là », a relaté le procureur.
Face à cette situation, des tirs de sommation ont été effectués afin de rétablir le calme, selon le magistrat.
« Tout est finalement rentré dans l’ordre et le transfert a été réalisé comme prévu », a-t-il assuré.
Cette communication du parquet intervient dans un contexte de renforcement des opérations de lutte contre la criminalité et les stupéfiants dans la commune urbaine de Kankan.
AGP/30/09/026 MKK/MKC/FM




