L’Assemblée nationale a rejeté mardi le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, par 109 voix contre et 20 pour. Il s’agit du troisième rejet du texte, pourtant jugé essentiel au redressement des finances publiques.
Les députés du PASTEF, majoritaires à l’Assemblée nationale, contestent notamment les prévisions de recettes et de dépenses, le recours à l’endettement pour financer les projets sociaux ainsi que la réduction des subventions à l’énergie, susceptible de peser sur le pouvoir d’achat.
Ce rejet fragilise l’exécution du budget de l’État et complique les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Dakar espère obtenir un programme de soutien de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, destiné à stabiliser ses finances publiques. Son approbation reste toutefois conditionnée à plusieurs exigences du Fonds.
Ce bras de fer budgétaire intervient dans un contexte de crise du coût de la vie, de chômage élevé des jeunes et de tensions sociales, après une grève générale de trois jours la semaine dernière.
Il révèle également les profondes divisions au sommet de l’État. L’alliance victorieuse de 2024 a éclaté après la fin des fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko en mai 2026. Depuis, les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre se sont dégradées, alimentant les tensions politiques autour du gouvernement.
Face à cette impasse, le président Bassirou Diomaye Faye pourrait recourir à la dissolution de l’Assemblée nationale dès le 2 décembre, selon plusieurs analystes, afin de provoquer des élections législatives anticipées et de tenter d’obtenir une nouvelle majorité.
africanews.fr




