Conakry, 15 mars(AGP)- Comparativement aux autres victimes de viol, Fatoumata Barry a sollicité qu’il plaise au tribunal de l’entendre à visage découvert à l’occasion de l’audience criminelle du mercredi, 15 mars 2023, au tribunal de Dixinn délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’Appel de Conakry.
Fatoumata Barry, déléguée médicale de profession, a préféré être entendue à l’audience publique pour donner sa part de vérité dans cette affaire qui a endeuillé plusieurs familles en Guinée.
À l’entame de ses propos, la victime Fatoumata Barry a indiqué qu’elle a été victime de violence sexuelle lors de la manifestation, organisée par les forces vives de la nation au Stade du 28 septembre contre une éventuelle candidature de l’ex-président de la transition, Moussa Dadis Camara.
Avant l’arrivée des militaires incriminés dans cette affaire dans l’enceinte du Stade du 28 septembre, selon l’accusée, l’ambiance était festive. Chacun manifestait sa joie normalement a-t-elle martelé.
À l’arrivée des militaires dans ce temple de jeu, selon elle, ils se sont mis à tirer à bout portant sur des gens qui ont bien voulu répondre à l’appel des leaders des forces vives de la nation.
« Pendant une heure de temps, ils nous massacraient et si on savait que ça allait être comme ça, vraiment on n’allait pas bouger de chez nous », a-t-elle regretté avant d’ajouter que leurs bourreaux tenaient des propos déplacés.
Dans le sauve qui peut, selon elle, l’accusée, Fatoumata Barry a rencontré un groupe de policiers et gendarmes qui l’ont finalement violée.
« Dans la débandade, je me suis rapprochée d’une vieille dame pour avoir la vie sauve mais malheureusement un groupe de militaires est arrivé pour demander à la dame pourquoi vous êtes venus au Stade? Avant qu’elle ne réponde, ils l’ont giflée et là, moi j’ai pris la fuite avant de rencontrer un groupe de policiers et gendarmes qui m’ont violée » déplore la victime.
Ce groupe d’hommes en uniforme, selon elle, a retiré les habits qu’elle portait avant de la pénétrer par voie anale puisque, dit- elle, ils ont constaté que je voyais mes règles menstruelles.
« J’ai crié puis j’ai pleuré en disant que je suis venue au Stade pour vendre de l’eau. Ils répondent en disant que la façon dont je suis habillée, ils ne me croient pas », se désole la victime avant de conclure qu’il a fallu l’intervention d’un militaire pour mettre un terme à la barbarie qui s’abattait sur elle.
AGP/15/03/023 TB/ABD




