Kindia, 29 sept (AGP) – Tout de blanc vêtu, mouchoir blanc soigneusement noué, Elhadj Django Cissé, ancien président de la délégation spéciale de la Commune urbaine de Kindia, ingénieur agronome à la retraite et secrétaire fédéral du PDG-RDA, replonge dans les souvenirs des premières années de l’indépendance guinéenne.
À l’occasion d’un entretien accordé à notre correspondant, le compagnon des anciennes générations politiques explique le choix de sa tenue, qu’il présente comme un hommage au premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré, et à une époque qu’il considère comme fondatrice de l’histoire politique du pays.
Pour Elhadj Django Cissé, le blanc rappelle notamment l’image des premiers dirigeants guinéens et les valeurs qu’ils voulaient incarner.
« Le blanc était là pour démontrer que tout ce qu’on recherchait, c’était le bonheur de la population, la défense de l’intégrité de notre pays et de notre nation », explique-t-il.
Revenant sur les différentes dates qui ont marqué le processus d’accession de la Guinée à l’indépendance, notamment le 25 août, le 28 septembre et le 2 octobre 1958, l’ancien responsable local estime que ces événements constituent les différentes étapes d’un même processus historique.
Selon lui, le 25 août 1958 constitue un moment déterminant dans la confrontation politique entre la Guinée et la France, avant le référendum du 28 septembre qui devait conduire à la proclamation de l’indépendance, le 2 octobre 1958.
« Le 25 août a créé le 28 septembre et le 28 septembre a créé le 2 octobre 1958, qui a proclamé l’indépendance de notre pays », rappelle-t-il.
Se présentant comme un produit de la génération formée après l’indépendance, Elhadj Django Cissé dit rester attaché au modèle éducatif et aux valeurs de patriotisme inculqués durant cette période.
Il estime que cette formation a contribué à produire plusieurs cadres ayant occupé d’importantes responsabilités dans l’administration et la vie publique guinéenne.
« Nous avons été bien formés. On a créé en nous l’amour du pays et l’amour des citoyens », soutient-il.
Abordant les changements intervenus après le 3 avril 1984, l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia appelle toutefois à une relecture de l’histoire nationale par les nouvelles générations.
Il invite notamment les jeunes à mieux s’intéresser aux différentes étapes de l’évolution politique de la Guinée afin de comprendre les acquis, mais aussi les limites des différents modèles de société qui se sont succédé.
« La nouvelle génération doit essayer de réfléchir et faire la relecture de l’histoire du pays », conseille-t-il.
Sans rejeter le modèle démocratique actuel, Elhadj Django Cissé estime que certaines valeurs d’éducation, de discipline et de patriotisme devraient, selon lui, être davantage prises en compte dans l’encadrement de la jeunesse.
Il déplore également les difficultés d’insertion professionnelle auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes diplômés.
« Les enfants terminent leurs études et le problème d’emploi demeure. Ils peuvent rester dix ou quinze ans sans emploi. Comment se marier, faire des enfants et créer la progéniture pour que le pays continue ? », s’interroge-t-il.
Pour cet ancien cadre, la transmission du patriotisme et le sentiment d’appartenance nationale doivent occuper une place importante dans l’éducation des jeunes.
Dans son intervention, Elhadj Django Cissé évoque également la contribution des anciens cadres formés durant les premières années de la République. Il cite notamment le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, qu’il présente comme l’un des représentants de cette génération.
Siba Toupouvogui AGP Kindia




