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Au moins 25 morts dans des frappes de drones dans le nord de l’Éthiopie

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Au moins 25 personnes ont été tuées dans le nord de l’Éthiopie par des frappes de drones, qui ont visé jeudi un camp de déplacés dans la région de l’Amhara et vendredi une localité du Tigré, près de la frontière avec l’Érythrée.

Le gouvernement fédéral éthiopien a procédé à de nombreuses frappes de drones ces derniers mois dans la région septentrionale du Tigré contre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui ont lancé fin septembre une offensive, annonçant vouloir « renverser » le gouvernement.

Selon l’ONG Acled, spécialisée dans la collecte et l’analyse de données sur les conflits armés dans le monde, des civils ont été tués par ces frappes ces dernières semaines.

Vendredi, un drone « a touché des gens qui ramassaient le grain d’un véhicule ciblé la veille » à Rama, située à environ sept kilomètres de l’Érythrée, a déclaré un témoin qui a requis l’anonymat, précisant que 13 personnes avaient été tuées.

Selon une source médicale, « 11 corps ont été apportés à notre hôpital », et la frappe a également fait au moins « six blessés graves ».

Acled a affirmé que dans cette frappe, attribuée aux forces fédérales et qui s’est produite à 8H00 (05H00 GMT), 12 civils ont été tués et un « nombre indéterminé » ont été blessés.

Les forces fédérales ont repoussé ces dernières semaines les rebelles du TPLF près de la frontière avec l’Érythrée, qui entretient des relations excécrables avec l’Éthiopie.

Jeudi, au moins 14 personnes ont été tuées, dont des enfants, par plusieurs frappes de drones qui ont visé un camp de déplacés situé à Hayk, à environ 400 km de la capitale éthiopienne, Addis Abeba, dans la région de l’Amhara (nord), ont affirmé à l’AFP des témoins.

« Quatre frappes de drones ont été effectuées l’une après l’autre. Nous avons enterré 14 personnes au centre pour déplacés. Deux autres sont décédées alors qu’elles recevaient des soins médicaux », a affirmé Yasin (tous les prénoms de témoins sont fictifs par mesure de sécurité), précisant que des femmes enceintes et des enfants figuraient parmi les victimes.

Deux autres résidents du camp, don’t l’un a dit avoir enterré des corps, ont fait état de 14 et 15 morts, don’t plusieurs enfants.

 

– « Démembré » –

 

Ces frappes se sont produites « juste au moment où les élèves rentraient de l’école », a raconté Ahmed, l’un de ces deux autres témoins. « Ma belle-sœur a été tuée, et nous n’avons même pas pu retrouver son corps car il a été démembré ».

Selon l’ONG Acled, entre « 16 et 23 personnes ont été tuées, et un nombre inconnu de personnes ont été blessées ». Elle n’a pas donné de détails sur les victimes, notamment si des enfants figurent parmi elles.

Certains déplacés du camp ont indiqué que des membres des Fano, les milices d’autodéfense de l’ethnie amhara qui combattent les forces fédérales depuis plus de trois ans, sont « actifs dans les zones environnantes », a également souligné Acled.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole de l’armée fédérale éthiopienne n’a pour l’heure pas donné suite.

Selon les témoins, les déplacés sont originaires de l’Oromia, région voisine de l’Amhara et la plus peuplée du pays, où l’Armée de libération oromo (OLA), classée organisation « terroriste » par Addis Abeba, mène une lutte armée depuis plus de huit ans contre les forces fédérales.

Les forces d’Addis Abeba ont mené ces dernières années de nombreuses frappes de drones en Amhara, deuxième région la plus peuplée d’Éthiopie avec plus de 20 millions d’habitants, où près d’un demi-million de personnes sont déplacées, selon les chiffres publiés en juillet par les Nations unies.

Les Fano et l’OLA ont formé fin septembre une alliance militaire avec plusieurs autres groupes armés éthiopiens, notamment le TPLF, don’t le but est de « renverser » le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed.

Après des conquêtes territoriales initiales dans le nord du pays, les Fano et les forces du TPLF ont dû se replier, repoussées par les frappes de l’armée fédérale.

AFP

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