Des poissons toujours rares et chers sur les marchés

Conakry, 31 juillet 2019(AGP)- Les prix des poissons continuent de grimper sur les marchés de Conakry et des régions de la guinée profonde.

Un seul poisson appelé « Kèssikèssi » se négocie entre 30 et 35.000 fg sur les marchés de Conakry et au débarcadère de Boulbinet, dans la commune de Kaloum, siège de l’administration centrale et des affaires.

Pour obtenir une simple carpe rouge ou Woli (en langue locale soussou), il faut débourser 80 à 90.000 fg. Par ailleurs, un simple morceau découpé du géant Barracuda se vend entre 30, 35 et 40.000 fg. Un Barracuda moyen et entier (s’il n’est pas rare) est vendu entre 180 et 200.000 fg.

Des sommes qui ne sont pas à la portée du guinéen moyen. Même les fonctionnaires dont les salaires varient entre 1 millions et 2.500.000 fg, ne peuvent se taper de tels poissons sur les marchés ou la rareté des espèces de qualité crée la psychose des jours sombres.

Les espèces comme Barracuda et Carpes rouges deviennent des denrées rares et trop chères. Se confinant dans la structure des prix variant entre 20, 25 et 30.000 fg pratiqués dans certains ports de pêche, le ministre des pêches, de l’aquaculture et de l’économie maritime a eu ses propres arguments sur la rareté et la cherté du poisson.

Pour Frédéric Loua « Le problème se situe au niveau de la distribution ou de la commercialisation des produits halieutiques. Les gens créent des situations artificielles pour procéder à l’augmentation du prix des poissons ». Accusant les consommateurs guinéens de chercher les poissons de qualité noble, Frédéric Loua soutient que le secteur de la pêche est en pleine mutation au point que le taux de consommation du poisson est passé de 13 à 24 kg par habitant et par an.

Selon lui, les eaux guinéennes couvrant 338 km de cote maritime, regorgent d’immenses ressources halieutiques avec une biomasse et un potentiel exploitable de l’ordre de 395.000 tonnes en 2019 contre 109.000 tonnes en 2009. Pour autant, cet acquis ou ce potentiel naturel ne colle pas aux réalités de la répartition locale des produits de mer.

Outre le déficit des ressources halieutiques, des espèces de poissons sont réservées pour les personnes nanties ; c'est-à-dire la classe des nouveaux bourgeois de Conakry. Et au moment ou le ministère des pêches traite des retombées de la mise en place de l’office national de contrôle sanitaire des produits de la pêche et de l’aquaculture, donnant l’assurance d’ une levée prochaine de l’interdiction de l’exportation des produits halieutiques guinéens vers l’Europe, l’assainissement en cours de la cellule chargée de la délivrance des permis et licences de pêche, est loin de livrer ses secrets.

Des guinéens se servant du régime et de la mouvance présidentielle continuent de jouer aux démarcheurs endurcis en demandant et en décrochant des permis et licences pour les vrais propriétaires des bateaux. Les exemples sont légions à Conakry et s’illustrent par la guerre de leadership entre Armateurs improvisés, même si la direction nationale de la pêche maritime est désormais seule habilitée à délivrer les permis et licences de pêche en guinée.


AGP-BDS

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