Conakry, 01 oct (AGP)-La Guinée de 58, en tête de peloton et porteuse de l’étendard de la liberté affirmée, n’a pas été que politique. En faisant une brèche dans le mur de la honte dressé durant 60 années par le colon blanc, et s’inspirant des résistants à la pénétration coloniale et des ténors de l’affirmation de l’homme noir sur la scène internationale, notre pays s’est aussi servi de l’art et de la culture pour la conscientisation populaire des Africains. Ce jeune Etat responsable et respecté est, de toute l’histoire de l’humanité, le seul pays à bénéficier du privilège de chanter et de danser sur le plancher de la Tribune des Nations Unies, où défilent les grands du monde pour exprimer leurs opinions.
Autrefois appelée Rivières du sud, la Guinée a connue de multiples répercussions culturelles. Cette Guinée, connue et reconnue par son étendard de l’indépendance de l’Afrique, s’identifie par trois (3) couleurs :
Le Rouge qui représente le sang de tous les martyrs, versé pour la lutte contre l’occupation coloniale, mais aussi pour l’indépendance du pays, le Jaune représentant les richesses du sous-sol guinéen comme l’or, la bauxite, le diamant, le fer, l’uranium et aussi le soleil et le Vert qui représente la végétation. La Liberté symbolise l’Hymne national de la République de Guinée composé par Fodéba Keïta co-auteur, et Jacque Cellier.
Fodéba Keïta fût un homme politique, dramaturge, compositeur, chorégraphe, poète et écrivain né en 1921 et décédé en 1969.
Pendant la première République (1958-1984) le président Feu Ahmed Sékou Touré et son parti le PDG-RDA ont su utiliser la diversité culturelle comme moyen et une richesse pour le développement de la politique culturelle visant à affirmer l’identité de la nation guinéenne. Cette période de l’organisation des masses sera le véhicule et le cadre d’expression à la fois de l’idiologie du Parti et de la culture populaire nationale.
La stratégie du Parti était établie sur une pyramide inversée (du plus petit village jusqu’à la capitale, tous mobilisés pour la valorisation de la culture) a favorisé la création d’un festival national des arts et de la culture qui cumule tous les (2) ans, une quinzième artistique (orchestre moderne et l’ensemble traditionnel, troupe d’art dramatique, ballets, peinture, artisanat, cinéma etc…).
Les différentes composantes du registre artistique, le Bembaya jazz, les Amazones, les Ballets Africains et Djoliba, pour ne citer que ceux-ci, ont fièrement représenté le Rouge, Jaune, Vert sur toute l’étendue du territoire national et dans le monde.
Parmi les icones, Feu Sory Kandia Kouyaté, la voix d’or de l’Afrique, a été l’un des pionniers de la Révolution culturelle. Né le 25 Aout 1937 à Manta et mort le 25 décembre 1977.
Après sa rencontre avec Sékou Toure à 18 ans lors d’un tournoi à Labé, il regagne Conakry et intègre les Ballets Africains de Fodeba Keita, 6 mois plus tard. Une rencontre de gloire qui l’envoi en tournée africaine (Dakar) et à l’international notamment la France en 1956, le royaume unis, la Belgique, l’Allemane fédérale, les Etats Unis, et l’Est de l’URSS
L’Ensemble Instrumental de Guinée, encore appelé Choral de la Voix de la Révolution, est créé le 04 janvier 1961et placé sous la direction de Kandia. Sous Sékou Touré, la politique d’authenticité consistait à valoriser les différentes musiques de la Guinée. Le but était d’aller au-delà de toutes les barrières linguistique ou culturelle, de composer et d’interpréter les airs et des répertoires populaires pour faire revivre l’histoire du pays et de l’Afrique.
Devenue une force mentale pour le Parti, l’expression culturelle va être ainsi solidement encadrée de la base au sommet. Subventionnée par l’organisation politique du Parti- d’Etat, cette diversité culturelle fera de la Guinée le foyer principal du rayonnement culturel qui dépassera rapidement l’étendue du territoire national pour atteindre les scènes internationales.
Les artistes guinéens remportent un grand nombre de prix à l’occasion des festivals panafricains (Algérie, Tunisie, Lagos) et sur le plan mondial (Berlin, Moscou, Cuba, New York, Paris, Tokyo).
Avec le changement du régime en 1984 on assistera à une autre tournure dans le champ culturel marqué par le Libéralisme économique et les libertés d’expressions et d’associations.
L’abandon des industries culturelles existant notamment : les entreprises d’Etat du secteur de la culture (Syli film, Syli cinéma pour la cinématographie, Syli photo pour la photographie, Syli phone pour la production de disques (CD), l’Imprimerie national (Patrice Lumumba) et l’Imprimerie de l’éducation (Libraport pour l’importation du livre).
Cependant, la constitution d’un secteur privé et associatif de la culture a ouvert de nouvelles perspectives. L’écriture poétique et romanesque connaît un plus grand dynamisme par le nombre d’ouvrages édités à l’extérieur ou par des Maisons d’Edition installées dans le pays. L’industrie du spectacle, de la musique en particulier, avec l’émergence d’un grand nombre d’artistes, de producteurs, de diffuseurs et managers qui, malgré de nombreuses difficultés, ont su se démarquer sur le marché national et international.
En revanche, la Directrice par intérim des Ballets Africains de Guinée lance un appel aux nouvelles autorités pour la préservation des acquis dans le domaine de la culture. Mme. M’Mah Nana Cissé rappelle que les Ballets Africain ont été créés par Fodeba Keita suite à sa rencontre en France avec des étudiants africains (Guinéens, Nigériens, sénégalais). « Après l’accession de la Guinée à l’indépendance, le 02 octobre 1958, Fodeba Keita, Aschar Marouf et autres hommes de culture ont été motivés par le président Ahmed Sékou Touré de contribuer au développement de leur nation ».
La Directrice par intérim, indique que de nos jours, les Ballets Africains sont en voie de disparition, faute d’un centre de répétition et le manque de soutiens technique et financier du gouvernement : « Cela fait plus d’un an que, nous ne répétons pas car, les moyens dont nous disposons servent pour notre quotidien. Nous sommes découragés parce que la nouvelle génération à plus d’avantages que nous les anciens. Pourtant, nous avons révolutionné la culture guinéenne en particulier et africaine en générale » a-t-elle précisé.
Elle signale, que ‘’le Président de la Transition doit faire un retour en arrière sur la culture ancienne de 1958 en 1960, cela a permis à la Guinée d’avoir beaucoup plus de visibilité sur le plan mondial, ça attirait les touristes vers le pays et cela permettait d’accroître l’économie nationale.
Moussa Sokho TOURE




