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Dabola: L’interdiction de la coupe de bois fait des effets dans les ménages

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Dabola, 16 Juil (AGP)-Alors que l’État guinéen a interdit la coupe et le transport du bois durant trois (3) mois pour lutter contre la déforestation, la ville de Dabola fait face à une pénurie sévère de charbon de bois, une ressource indispensable pour la majorité des ménages. Depuis la fête de Tabaski, les prix de ce combustible ne cessent de grimper, au grand désarroi des citoyens.

Ce mercredi, 16 juillet 2025, dans les marchés de la commune urbaine de Dabola, le sac de charbon se vend entre 50 000 et 55 000 GNF, contre 40 000 à 45 000 GNF quelques semaines auparavant. Cette flambée des prix inquiète les populations, notamment en cette période hivernale où les besoins en énergie sont accrus.

Les autorités forestières, dans le cadre de la lutte contre la coupe abusive du bois, ont récemment renforcé les contrôles sur les axes routiers pour traquer les contrevenants. Si cette décision vise à protéger l’environnement, elle a aussi provoqué un ralentissement considérable dans l’approvisionnement en charbon de bois dans les centres urbains comme Dabola.

Privées d’alternatives, les populations continuent malgré tout de réclamer ce produit vital pour la cuisine.

Aïssatou Barry, marchande de charbon rencontrée au marché central, explique les difficultés d’approvisionnement :

« Ce sont nos enfants qui partent en brousse couper le bois pour fabriquer du charbon. Ils nous vendent le sac à 35 000 GNF. Ensuite, il faut payer 5 000 GNF pour le transport jusqu’à nos domiciles, puis encore pour le marché. Au poste de contrôle, les agents forestiers exigent aussi 5 000 GNF par sac. Au final, on est obligés de vendre à 55 000 GNF. L’État veut protéger la forêt, c’est bien, mais qu’il pense aussi à nous qui n’avons aucune autre solution pour faire la cuisine. »

Du côté des consommateurs, l’exaspération est palpable. Aïssatou Diallo, une ménagère croisée au marché, lance un cri du cœur :

« Le charbon est devenu un luxe. On ne peut plus préparer comme avant. Même faire du thé devient difficile. L’État doit protéger les arbres, c’est vrai, mais il faut aussi penser aux pauvres. »

Des voix s’élèvent pour réclamer une régulation plus équilibrée, qui prendrait en compte à la fois la protection de l’environnement et les besoins immédiats des populations. Certains proposent de promouvoir les énergies alternatives, comme le gaz domestique et les foyers améliorés.

En attendant des mesures concrètes, marchands et citoyens appellent les autorités locales et nationales à agir pour soulager les ménages.

AGP/16/07/025               MBB/MKC/AND

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