Dabola, 24 Mars (AGP)- Les autorités préfectorales et communales de Dabola ont tenu, ce mardi 24 mars 2026, une réunion d’urgence afin de désamorcer les tensions survenues entre des conducteurs de taxis-motos et les forces de sécurité, à la suite d’incidents violents enregistrés la veille dans la commune urbaine.
Selon plusieurs sources locales, des conducteurs de taxis-motos se sont regroupés devant les locaux de la police après l’interpellation de certains de leurs collègues. La situation a rapidement dégénéré lorsque des individus ont lancé des pierres en direction des agents, causant des blessures parmi les policiers ainsi que des dégâts matériels importants.
Face à cette escalade, des renforts de la Gendarmerie et de l’armée ont été déployés pour rétablir l’ordre et éviter des affrontements plus graves. Plusieurs conducteurs de taxis-motos ont été interpellés et placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête.
À l’origine de ces incidents figurent des divergences entre les conducteurs de taxis-motos et leurs responsables syndicaux, notamment autour de l’augmentation récente des taxes journalières, passées de 500 à 1 000 francs guinéens. Certains conducteurs réclament également la mise en place d’un nouveau bureau syndical, estimant que l’actuel ne défend pas suffisamment leurs intérêts.
Des témoins affirment que certains conducteurs auraient changé de tenue pour semer la confusion, ce qui a compliqué l’identification des auteurs des violences et renforcé la tension devant le commissariat.
La réunion de crise a été présidée par le préfet de Dabola, le colonel Alpha Oumar Cissé, en présence du président de la Délégation spéciale, Sana Oularé, des responsables des forces de défense et de sécurité, ainsi que de représentants des taxis-motos et de la société civile.
Le président de l’Union locale des travailleurs de Dabola, Sabou Camara, a demandé que toutes les personnes impliquées dans ces violences soient interpellées et que des mesures soient prises pour éviter de nouveaux débordements. Il a également lancé un appel au calme, tout en rassurant que la suspension des activités des taxis-motos ne devrait pas se prolonger.
Des poursuites judiciaires envisagées
Intervenant après les incidents, le juge de paix de Dabola, Sory Keïta, a rappelé que toute contestation doit se faire dans le respect de la loi. Il a souligné que les violences commises contre les forces de l’ordre constituent des infractions graves susceptibles d’entraîner des poursuites judiciaires.
De son côté, le président de la Délégation spéciale, Sana Oularé, a exhorté les conducteurs de taxis-motos à privilégier le dialogue et la retenue, tout en assurant que les autorités restent ouvertes à l’examen de leurs revendications légitimes.
À l’issue de la rencontre, les autorités préfectorales ont réaffirmé leur volonté de faire toute la lumière sur les événements, tout en privilégiant une approche concertée avec l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif affiché est de préserver le climat de paix, de sérénité et de sécurité dans la préfecture de Dabola.
Cette réunion d’urgence marque ainsi une étape importante dans la gestion de cette crise, alors que la population espère un retour rapide à la normale et une solution durable aux problèmes rencontrés par les conducteurs de taxis-motos.
AGP/24/03/025 MBB/MKC/AND




