Le conseiller du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, depuis 2014, et président de la fondation ‘’Roscongress’’, Anton Kobyakov, a partagé la vision russe qui est la rupture avec le « néocolonialisme » et ancrage traditionnel.
C’était lors d’une session, dans la matinée du jeudi, 29 octobre 2026, au Centre National de la Presse Russe.
Dans son discours, M. Anton Kobyakov affirme, que l’Afrique est érigée au rang de partenaire stratégique incontournable, Moscou insistant sur le droit des États africains à choisir librement leurs partenaires.
Aujourd’hui, la Russie met en avant les racines historiques de sa relation avec le continent remontant au soutien soviétique aux mouvements anticoloniaux des années 1960 et dit vouloir lutter contre toute forme de « néocolonialisme ».
Cette approche russe est ouvertement contrastée avec celle des puissances occidentales, accusées d’adopter une logique de pure compétition pour les ressources et les marchés africaines.
Il souligné les réalignements géopolitiques en cours dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest (comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso), tout en reconnaissant la complexité et la lenteur des transitions contractuelles.
L’influence croissante de l’Afrique sur la scène internationale a également été au centre des analyses.
- Anton Kobyakov qui a d’ailleurs salué la montée en puissance du continent à travers des cadres structurants tels que l’Agenda 2063 et l’intégration de l’Union africaine au G20 en 2023.
« Le rôle stratégique de l’Afrique se confirme aussi par son poids démographique et ses positions géographiques clés. Avec des projections démographiques estimant une population à 2,4 milliards d’habitants, et une croissance économique globale avoisinant les 4 %, le continent s’impose comme un acteur pivot des chaînes logistiques mondiales, notamment via les routes maritimes de la mer Rouge, de Suez et de l’océan Indien », a-t-il indiqué.
Poursuivant sa narration, M. Anton Kobyakov a précisé, que ‘’Au-delà des grands axes géopolitiques, le partenariat avec le continent africain se décline sur un plan opérationnel, en particulier dans les domaines de la santé publique et de l’enseignement :
Dans le domaine de la sécurité sanitaire, des programmes conjoints de lutte contre les épidémies (fièvre jaune, paludisme, Ebola) sont menés avec l’agence russe Rospotrebnadzor.
Des vaccins développés en Russie sont d’ores et déjà intégrés dans les programmes d’immunisation de certains pays, comme au Niger et au Burkina Faso, souvent acheminés via l’UNICEF. »
Celui du capital humain et formation, il a précisé que plus de 40 000 étudiants africains poursuivent actuellement des études supérieures en Russie (médecine, ingénierie, économie). Parallèlement, des projets d’implantation d’antennes d’universités russes se développent dans plusieurs pays partenaires (Burkina Faso, Mali, Algérie, Niger).
Parlant des perspectives et des prochains rendez-vous, président de la fondation ‘’Roscongress’’, dira que si le forum a permis de sceller de nombreux contacts et de poser les bases d’une feuille de route industrielle et technologique axée sur les besoins spécifiques de chaque État, la question de la mise en œuvre opérationnelle et du suivi précis des accords reste un défi majeur.
« Le dialogue entre Moscou et ses partenaires africains ne s’arrête pas là, il se poursuivra lors des prochains grands rendez-vous de la Fondation Roscongress prévus en fin d’année à Moscou et Saint-Pétersbourg, en attendant le 30ème Forum économique de Saint-Pétersbourg l’an prochain.
Organisé par la Fondation Roscongress, le 3ème sommet Russie-Afrique a connu la participation de plus de 3.500 participants de 74 pays et plus de 1.200 représentants d’entreprises.
Le dernier Forum économique Russie-Afrique a été l’occasion pour Moscou de réaffirmer sa volonté d’intensifier ses liens avec le continent.
Placé sous le signe du développement d’une coopération souveraine, le Forum économique Russie-Afrique a donné lieu à plus de 40 sessions thématiques et tables rondes.
En marge des négociations économiques et de la signature d’accords commerciaux, plusieurs rendez-vous parallèles ont rythmé le sommet, notamment un forum médiatique axé sur les défis de l’information contemporaine et de la lutte contre l’ingérence extérieure, ainsi que des tribunes dédiées à la jeunesse et à la diplomatie.
Fadima Djènè Fofana




