Moscou- Russie, 28 oct. (AGP)-La Russie et plusieurs pays africains ont affirmé leur volonté de renforcer leur coopération bilatérale. De la haute technologie spatiale au développement de l’économie bleue, en passant par la formation professionnelle et l’art, tour d’horizon des projets majeurs qui façonnent cet avenir commun.
C’était lors d’une grande table ronde qui s’est tenue, mardi, 27 octobre 2026, au Centre National Russie, réunissant décideurs, entrepreneurs et chercheurs.
Pavel Stepanov, représentant du groupe Geoscan (spécialisé dans les systèmes de drones et d’appareils spatiaux de petite taille à usage civil), a ouvert les échanges en soulignant l’importance d’un langage universel : celui de la technologie et des satellites.
« Nous parlons le langage des technologies et des satellites. C’est un langage que tout le monde comprend, et nos partenaires africains le maîtrisent très bien », a-t-il déclaré.
Geoscan déploie déjà plusieurs solutions concrètes sur le continent :
• Géoscanning et jumeaux numériques : Modélisation de gisements miniers (kimberlites, uranium, terres rares) et création récente d’un modèle numérique pour un gisement d’or au Burkina Faso.
• Aménagement urbain : Numérisation d’agglomérations entières pour offrir aux mairies et ministères du Développement numérique des cartes haute précision utiles à l’urbanisme.
• Coopération spatiale : Après avoir mis 17 satellites en orbite, le groupe prépare le lancement d’un satellite dédié pour la Tanzanie, offrant ainsi au pays l’opportunité de développer ses capacités spatiales.
• Patrimoine et événementiel : Numérisation de sites culturels pour les portails touristiques et réalisation de spectacles de drones (Seychelles, Eswatini, Tanzanie).
Le volet académique et professionnel constitue un pilier central de cette relation. Comme l’ont rappelé les intervenants, les liens historiques se renforcent : il y a aujourd’hui plus d’étudiants africains en Russie qu’à l’époque soviétique.
Daniel (représentant de la corporation universitaire privée Synergia, qui compte plus de 300 000 étudiants) a présenté le déploiement de leurs projets éducatifs sur le continent :
• Création de lycées professionnels (Synergia Skills Academy) : Inauguration prochaine du premier établissement en Tanzanie pour former des ouvriers qualifiés (« cols bleus » : soudeurs, mécaniciens, plombiers, bâtisseurs) afin de répondre aux besoins locaux et réduire le déficit de compétences.
• Apprentissage du russe : L’enseignement du russe comme langue étrangère facilitera l’accès des étudiants aux universités et aux entreprises russes.
• Implantation régionale : Déploiement prévu de 10 centres de formation d’ici fin 2028 en Afrique, appuyés par une plateforme numérique assurant le suivi des étudiants du concours d’entrée aux diplômes finaux.
Nikolay Shabalin s’est exprimé sur les enjeux de l’économie marine, essentielle pour un continent largement bordé par les océans.
« Notre objectif est d’apporter des solutions technologiques pour l’exploration et la gestion des ressources tout en garantissant la souveraineté alimentaire et la préservation de l’environnement », a expliqué Nikolay Shabalin.
Les axes d’intervention de son organisme comprennent :
• Infrastructures sous-marines : Technologies pour l’extraction de pétrole/gaz, pose de gazoducs et de câbles sous-marins.
• Pêche et aquaculture : Optimisation des rendements sans dommage environnemental pour préserver le potentiel touristique et les écosystèmes.
• Feuilles de route locales : Négociations en cours avec les Seychelles (axe tourisme et pêche) et Zanzibar (exploitation pétrolière sur le plateau continental).
Pour l’artiste peintre Alina, les accords économiques et stratégiques doivent être soutenus par des liens humains et culturels forts.
« L’économie et l’énergie sont les bases des relations, mais c’est l’art qui leur donne de la vie. L’art est un pont universel qui transforme des partenaires en amis », a-t-elle partagé.
Spécialisée dans les portraits symboliques représentant l’identité profonde des nations, Alina a réalisé et offert plusieurs œuvres d’art à des chefs d’État africains, notamment à la présidente de la Tanzanie (à l’Université de l’Amitié des Peuples), ainsi qu’au président des Seychelles et à la première dame du Zimbabwe.
Enfin, Dmitry Shishkin, fondateur du groupe Manufacture Shishkin (et créateur de la marque Putin Team Russia), a présenté sa vision de la coopération dans l’industrie textile :
• Manufactures numériques « clés en main » : Numérisation du processus de couture pour optimiser la production localement et réduire les marges d’erreur.
• Mode adaptative et inclusive : Déploiement de technologies textiles adaptées aux personnes en situation de handicap.
• Échanges culturels sur mesure : Conception de vêtements personnalisés pour les dirigeants et délégués africains, combinant les symboles nationaux locaux et l’artisanat traditionnel russe (comme la fourrure).
en conclusion, ce panorama de projets illustre une volonté partagée de bâtir un partenariat de long terme, fondé sur le transfert de compétences, l’innovation technologique et le respect mutuel des identités culturelles.
Envoyée spéciale Fadima Djènè FOFANA




