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Guinée/Cancer de la prostate : Pr Oumar Rafiou Bah alerte sur une maladie silencieuse et redoutable

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’L’environnement et la race jouent un rôle non négligeable’’, dit-il

Conakry, 25 août. (AGP)- Le chef du service d’urologie du CHU Ignace Deen, Pr Oumar Rafiou Bah, a accordé mercredi 20 août 2025, une interview exclusive à votre quotidien électronique agpguinee.com, dans son bureau situé à Kaloum.

Au cours de cet entretien, ce médecin s’est exprimé sur le cancer de la prostate, une pathologie qui devient un véritable problème de santé publique en Guinée comme ailleurs.

 Avant d’aborder la maladie elle-même, Pr Bah a d’abord expliqué ce qu’est la prostate : « C’est une glande que tout homme possède. Elle est située au carrefour des voies urinaires et génitales », a-t-il précisé.

 Selon lui, les affections de la prostate peuvent être divisées en deux (02) catégories principales : Chez les jeunes, ce sont surtout des maladies infectieuses et inflammatoires.

À partir de 50 ans, on observe des maladies dites tumorales, subdivisées en : Les tumeurs bénignes, les plus fréquentes, qui se manifestent essentiellement par une augmentation du volume de la prostate, sans envahir les organes voisins.

Et les tumeurs malignes, c’est-à-dire le cancer de la prostate, beaucoup plus redouté en raison de sa capacité à se propager à distance (métastases).

« Le cancer de la prostate est une tumeur maligne évolutive. Il commence au niveau de la prostate, puis peut envahir les organes voisins, avant d’atteindre des organes à distance, notamment les os, les poumons et le foie », a-t-il expliqué.

 Parlant des facteurs de risque et les causes, Pr Bah a dit que la cause principale du cancer de la prostate est la prostate elle-même.

« Un homme de plus de 50 ans, avec des testicules fonctionnels qui produisent de la testostérone, est exposé. Sans cette hormone, le cancer de la prostate ne se développe pas. Il existe aussi des facteurs raciaux, ethniques et environnementaux. Les Noirs, par exemple, sont plus à risque que les Blancs. Aux États-Unis, les hommes noirs développent davantage ce type de cancer. Il en va de même aux Antilles françaises. L’utilisation des pesticides pourrait aussi être un facteur environnemental aggravant », souligne-t-il.

Il ajoute que les Asiatiques, eux, sont généralement moins touchés, sauf ceux qui vivent en Occident, c’est la preuve que l’environnement joue un rôle non négligeable.

 Le professeur insiste sur le fait que les symptômes varient selon le stade de la maladie. Lorsque le cancer est encore localisé à la prostate, il se manifeste souvent comme une simple hypertrophie bénigne : troubles urinaires, besoin fréquent d’uriner (surtout la nuit), difficulté à retenir ou à évacuer les urines, voire une rétention urinaire complète.

Lorsque la maladie progresse : « Elle peut entraîner du sang dans le sperme, des douleurs osseuses (notamment au dos et au bassin), ou encore des symptômes à distance comme la toux (en cas de métastases pulmonaires) ou une augmentation du volume du foie ».

Dans les cas avancés, certains patients arrivent même à l’hôpital complètement paralysés.

« Le cancer peut atteindre la moelle épinière. Ces patients arrivent parfois en neurologie pour des douleurs dorsales, et c’est à travers les examens que le diagnostic est posé », a-t-il détaillé.

En ce qui concerne des dépistages, Pr Raphiou Bah recommande vivement à tous les hommes de se faire consulter à partir de 50 ans, voire dès 40 ans s’il existe des antécédents familiaux. « Il est préférable de diagnostiquer la maladie avant l’apparition des symptômes. Une fois qu’elle se manifeste cliniquement, il est souvent trop tard », prévient-il.

Selon lui, la prévention véritable n’est pas possible, car cela reviendrait à enlever les testicules, ce qui est inenvisageable.

 « Aux États-Unis, certaines femmes demandaient à se faire enlever les seins pour éviter le cancer du sein. Si on suit la même logique, cela reviendrait à proposer une castration pour prévenir le cancer de la prostate, ce qui est inacceptable », ironise-t-il.

La seule solution réaliste, selon Pr Raphiou, reste le dépistage précoce. « Heureusement, le cancer de la prostate se soigne. Le traitement de choix est l’ablation complète de la prostate et des vésicules séminales. Cette chirurgie est pratiquée chez nous depuis 2021. Malheureusement, beaucoup de patients viennent à un stade trop avancé, où cette intervention n’est plus possible. Dans ce cas, on se limite à des traitements palliatifs. »

Il ajoute que la radiothérapie est une autre option curative, mais le pays ne dispose pas encore des équipements nécessaires pour ce type de traitement.

AGP /25/08/025                         TB/CM/AND

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