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Guinée/Procès des événements du 28 septembre : Des activistes de la société civile séquestrés dans un camp militaire

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Conakry, 26 juil(AGP)- Dans le souci d’aplanir la divergence entre l’armée au pouvoir et les leaders politiques d’alors, Me Thierno Souleymane Baldé, avocat au barreau de Guinée et Cie ont engagé, le 28 octobre 2009, une grève de la faim à la maison des jeunes de Dixinn, rapporte l’AGP.

Il a tenu ces propos, le lundi, 24 juillet 2023, au tribunal de Dixinn, délocalisé dans l’enceinte de la Cour d’Appel de Conakry, en son audience criminelle, sous les auspices du président dudit tribunal, Ibrahima Sory 2 Tounkara.

À l’entame de ses propos, Me Thierno Souleymane Baldé a rappelé qu’ils étaient au nombre de 11 personnes, toutes issues de la société civile guinéenne, à adresser un mémorandum aux autorités guinéennes, dont entre autres le chef d’État-major général des armées et aux différentes ambassades accréditées en Guinée.

« Quand les gens ont reçu le mémorandum, ils m’ont dit que je me fatiguais, puisqu’il y a beaucoup de Guinéens qui sont en train de mourir de faim. Donc l’idée d’organiser une grève de la faim, n’aurait absolument aucun impact. Je leur ai dit que je croyais à la non-violence et je sais ce que Martin Luther King et Mahatma Gandhi ont fait. Je suis sûr que ça pourrait marcher aussi en Guinée », a-t-il déclaré avant d’ajouter que c’est dans ces conditions que la grève de la faim fut déclenchée.

Tôt le matin, cette information relative à la grève de la faim des acteurs de la société civile a fait le chou gras des médias nationaux et internationaux en ce sens que ça a suscité le déplacement de certains diplomates pour s’enquérir des réalités dans cette maison de jeunes.

 « La journée s’est très bien passée. Vers 18 heures, on a fait rentrer nos effets, à savoir les matelas, des oreillers et des couvertures dans la salle. On avait des postes de radios qu’on écoutait et on était couchés. C’est dans ces conditions, vers 20 heures, la porte n’était même pas fermée, un groupe de gendarmes avec à leur tête le colonel Moussa Tiégboro Camara est venu faire tomber la porte et ils sont entrés. Ils ont tiré certains parmi nous par les pieds et d’autres par la tête avec des injures que je ne peux pas répéter ici. Ils nous ont trainés dans la boue de la salle où nous étions jusqu’au niveau de la route principale où leurs pickups étaient garés. Ils nous ont mis à l’intérieur comme des sacs de patates et ils ont mis leurs pieds sur nous pour nous envoyer au camp Alpha Yaya », regrette Me Baldé.

Arrivés au camp Alpha Yaya Diallo, siège de la junte d’alors, on a échangé en ces termes : « Ils ont demandé qui est notre chef ? Je leur ai dit que c’était moi. Il m’a dit qui tu es ? Je lui ai répondu que je suis un activiste des droits civils. Il m’a dit non, ces choses-là, ne sont jamais arrivés en Guinée. Il m’a dit, c’est toi l’Américain ? Je dis non, je suis Guinéen. Il m’a dit ça, c’est une forme de terrorisme moderne. C’est du terrorisme pur et simple, et vous allez le regretter ».

Ainsi, selon lui, le colonel Moussa Tiégboro Camara a fait envoyer des pains libanais avec des boites de corne-bœuf pour leur dire qu’ils ont le choix de manger ces pains ou 100 coups sur les fesses. Finalement, dit-il, ils ont choisi de manger ces pains avec leurs mains sales, puis ils les ont mis dans un conteneur qui est juste à côté de la rentrée du bureau du colonel

 « On a trouvé deux personnes à l’intérieur du conteneur, et c’est là-bas on devait faire tous nos besoins. Quand on est entrés, ces deux personnes avaient pris des cartons qu’ils utilisaient comme matelas et il y a, l’un d’entre eux qui avait commencé à nous menacer, mais heureusement, le second nous a demandés qui nous étions, je me suis présenté. Ce dernier a demandé à l’autre de nous laisser tranquilles », déplore cet activiste de la société civile.

Après l’interrogatoire qui s’est soldé par des séances de torture dont ils ont fait l’objet, selon lui, ils nous ont dit de reprendre notre place dans le conteneur.

Sur la question relative à l’origine de leur fonds, Me Baldé répond en ces termes : « Je suis avocat et je dispose des moyens financiers pour organiser une telle grève. De toute façon, le montant que nous avons payé était juste pour la location de la salle, nous n’avons pas besoin de fonds assez important pour organiser cette grève ».

Avant d’entamer cette grève de la faim, Me Thierno Souleymane Baldé avait pris le soin d’alerter certains partenaires dont entre autres la France qui finançait la construction de l’échangeur 8 novembre et la CEDEAO. Finalement ce sont ces partenaires qui ont mis la pression sur le capitaine Moussa Dadis Camara à l’effet de libérer ces grévistes.

 « Le capitaine Dadis a envoyé le colonel Abdoulaye Chérif Diaby et Moustapha Koutoubou Sanoh pour nous faire libérer. Quand ils sont venus le matin, ils nous ont fait sortir du conteneur. Koutoubou Sanoh s’est adressé à moi. Il m’a dit maître, c’est le capitaine Dadis qui nous envoie. Il a compris le message que vous avez voulu transmettre, nous allons nous asseoir et on va trouver une solution, mais arrêter la grève de la faim et on va vous envoyer à l’hôpital. C’est en ce moment, ils nous ont pris pour nous envoyer à Donka pour nos soins », a conclu Me Baldé.

AGP/26/07/023                TB/ABD

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