Kindia, 16 Avr. (AGP)-Initialement prévue le 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes a été célébrée en différé ce mercredi 15 avril 2026 sur toute l’étendue du territoire guinéen. À Kindia, cette commémoration a été marquée par un plaidoyer vibrant de Hadja M. Balou Fofana en faveur de l’accès des femmes aux instances judiciaires.
Ce report n’a en rien entaché la ferveur de l’événement. Partout en Guinée, et particulièrement dans la « cité des agrumes », les femmes, les jeunes filles et les organisations de la société civile se sont mobilisées pour honorer le rôle des femmes dans la société et promouvoir l’égalité des sexes. Cette année, la réflexion s’est articulée autour d’un thème crucial : « Assurer l’accès à la justice pour toutes les femmes et les filles ».
Pour marquer cette journée, plusieurs activités ont rythmé le quotidien des habitants de Kindia : conférences-débats, séances d’information sur les droits fondamentaux et danses culturelles. L’objectif était clair : mettre en lumière les avancées réalisées tout en abordant de front les défis persistants auxquels les Guinéennes sont confrontées.
Madame Hadja M. Balou Fofana, présidente du Réseau national des femmes rurales de Guinée, a profité de cette tribune pour souligner les barrières qui entravent encore l’émancipation juridique des femmes.
« Les femmes rencontrent souvent des difficultés majeures pour accéder à la justice. Cette année, les activités de sensibilisation visent à leur permettre de connaître leurs droits, d’identifier les voies de recours et de s’approprier les instruments juridiques existants pour leur protection. Il est essentiel qu’elles comprennent que l’arsenal législatif est là pour les protéger. Désormais, il leur appartient d’oser saisir la justice en cas d’abus », a-t-elle insisté.
De son côté, Madame Bintou Kaba, Directrice régionale de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, a exprimé un sentiment de satisfaction profonde face à la mobilisation :
« C’est une immense fierté de célébrer, même en différé, les femmes de toute la Guinée. Personne ne doit être laissé en marge. Cette fête nous rassemble dans toutes nos dimensions. »
Le Directeur de Cabinet du gouvernorat de Kindia, représentant le Gouverneur, a quant à lui rappelé que l’égalité des genres passe avant tout par l’action et la compétence :
« L’égalité ne se gagne ni par les slogans ni par les pancartes, mais par un engagement concret sur le terrain. Voir aujourd’hui des équipes militaires exclusivement féminines ou des femmes actives dans tous les secteurs prouve que ce combat se gagne par le travail. J’invite les femmes à continuer de s’imposer par leurs compétences, car la femme est le pilier de la paix. »
Si cette édition a permis de saluer les efforts de l’État en matière d’éducation, de santé et d’entrepreneuriat féminin, le constat reste lucide sur le chemin qu’il reste à parcourir. L’accès aux opportunités économiques, la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision demeurent des chantiers prioritaires.
En célébrant ce 15 avril, la Guinée réaffirme son ambition de bâtir une nation plus juste, inclusive et équitable, où chaque citoyenne peut s’épanouir et contribuer pleinement au développement du pays.
AGP/16/04/026 ST/CM/AND




