Kindia, 15 Juil. (AGP)- Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), via l’Office national de l’état civil et de l’identification, a franchi une étape historique dans la modernisation des services publics guinéens. Ce mercredi 15 juillet, la ville de Kindia a accueilli le lancement officiel du projet de numérisation des archives de l’état civil.
Placée sous le thème de rupture « Un Guinéen, une identité juridique et numérique », cette initiative d’envergure nationale vise à sécuriser les données des citoyens, à simplifier leurs démarches administratives et à assainir définitivement les fichiers publics.
L’impact de cette réforme dépasse largement le cadre de la simple gestion administrative : elle constitue le socle du futur fichier électoral national. Comme l’a souligné Madame Camara Djenab Touré, Directrice générale des élections (DGE), cette numérisation qui s’étendra progressivement aux 33 préfectures et 13 communes de Conakry, permettra de bâtir un véritable Registre national des personnes physiques.
Ce nouveau système propose un parcours citoyen automatisé et sécurisé :
– Dès l’enfance : Constitution d’un registre permanent de l’état civil.
– À l’âge de 10 ans : Enregistrement biométrique obligatoire (photo et empreintes digitales) conformément à la loi sur l’identification.
– À l’âge de 18 ans : Basculement automatique et transparent sur les listes électorales.
« Nous n’allons plus collecter les actes de naissance, Cela garantit l’unicité et rend le fichier électoral guinéen permanent, nous évitant les changements d’opérateurs, les inscriptions indues et les falsifications d’identités », a précisé la Directrice générale des élections.
Pour les autorités locales, ce projet est une arme indispensable pour éradiquer un fléau national. Elhadj Aboubacar Molota Camara, maire de la commune urbaine de Kindia, a salué cette initiative qui permettra aux élus de mieux maîtriser les flux administratifs et de « disséminer ces enseignements auprès des populations » afin de barrer la route aux fraudes quotidiennes.
De son côté, le Directeur général de l’office national de l’état civil et de l’identification, Kémoko Dioubaté, a insisté sur l’application rigoureuse du nouveau cadre légal, à savoir :
-La loi 019 portant sur l’identification des personnes physiques en République de Guinée.
-La loi 020 portant sur l’état civil.
Pour le directeur général, le succès de cette transition repose sur l’appropriation de ces textes par les agents de terrain :
« Les lois sont souvent votées, mais leur contenu n’est pas vulgarisé, ce qui devient un obstacle. Nous voulons crédibiliser nos actes à travers des comportements éthiques et la numérisation. On ne veut plus de faux actes, car les faux actes finissent toujours par nous rattraper. »
Avec ce déploiement d’envergure, le gouvernement guinéen affiche sa ferme volonté de doter le pays d’infrastructures administratives modernes, transparentes et hautement sécurisées.
AGP/15/07/026 ST/CM/AND




