Kissidougou, 12 fév. (AGP)-Plus d’un an après le décès de Mamady Mansaré, patriarche historique de Kissidougou, la cité des Trois Foyers traditionnels demeure plongée dans une impasse institutionnelle et coutumière. Le choix de son successeur, longtemps reporté, s’est transformé en un véritable enjeu de stabilité sociale, suscitant inquiétude et divisions au sein de la population.
Après des mois de concertations menées par les autorités régionales, préfectorales et coutumières, deux candidats ont émergé. Il s’agit de Samba Keita, père restant, et Droumane Keita. Chacun incarne une lignée et une vision distincte de la chefferie traditionnelle, bénéficiant de soutiens locaux profondément enracinés.
Ce lundi, 09 février 2026, le camp de Droumane Keita a procédé à son installation officielle, tandis que les partisans de Samba Keita annoncent, pour leur part, une cérémonie d’installation prévue le dimanche 15 février 2025.
Cette dualité institutionnelle, deux camps revendiquant légitimité et reconnaissance, crée une situation inédite et préoccupante.
« Ce n’est pas seulement une question de titre, c’est la cohésion de notre cité qui est en jeu », confie Faya Kamano, citoyen actif de Kissidougou. « Depuis des générations, le patriarche est le garant de l’harmonie, le médiateur des conflits, le gardien des valeurs. Avoir deux figures concurrentes risque de diviser les familles, les quartiers, voire les générations. »
Tamba Leno, autre habitant consulté, ajoute : « Nous ne demandons pas l’impossible ; juste un processus transparent, respectueux des coutumes et accepté par tous. Ce qui se passe aujourd’hui ressemble davantage à un partage politique qu’à une désignation traditionnelle ».
Les autorités coutumières, conscientes de la gravité de la situation, appellent au calme et à la retenue, tout en réaffirmant leur engagement à accompagner une issue consensuelle. Pourtant, l’absence d’un cadre clair de désignation, combinée à des tensions latentes entre lignées, laisse planer un doute sur la pérennité de ce compromis fragile.
À Kissidougou, où tradition et modernité se croisent chaque jour, le choix du patriarche ne relève pas seulement de l’héritage. Il constitue un véritable test de maturité collective. Pour l’heure, la population attend, inquiète, que la sagesse l’emporte sur la précipitation.
AGP/12/02/026 MKT/CM/AND




