Kouroussa, 09 juil. (AGP)-Sous une pluie fine de Douako dans la préfecture de Kouroussa, les résonances profondes du balafon s’élèvent au-dessus du tumulte du quotidien des habitants.
À 27 ans, Kabinet Diabaté, musicien autodidacte, fait vibrer l’âme de son village à travers cet instrument traditionnel dont il est devenu l’un des jeunes les plus talentueux de Douako Silamana.
« Le balafon, c’est ma voix, ma prière, mon cri de joie », confie-t-il, les yeux brillants, les mains encore pleines de sueur après une session d’entraînement matinale. Initié dès l’enfance par son grand-père goriot paternel, Ibrahim connu sous le sobriquet Brahima Koro Diabaté, Kabinet Diabété perpétue aujourd’hui une tradition ancestrale en rêvant de s’offrir une scène mondiale dans les années à venir.
Son modeste atelier situé dans une cour animée du district de Salamana, sert autant de répétitions pour les enfants qui y viennent chaque semaine, curieux d’apprendre. Pour Kabinet, c’est là que réside son espoir : « faire renaître aux jeunes l’amour de la culture et du patrimoine ».
« Je veux que le balafon traverse les frontières. Ce n’est pas juste un instrument africain, c’est un langage universel », affirme-t-il avec conviction. Il rêve d’enregistrer un album mêlant balafon, voix et sons électroniques, et transporter sa musique à l’international.
Malgré les obstacles (manque de soutien, peu de moyens, une scène artistique locale parfois négligée), Kabinet Diabaté garde foi en son art. Sa passion, dit-il, est plus forte que les doutes. « Tant que je joue, je vis. Et tant que je vis, j’espère », a-t-il souligné.
À travers chaque note frappée sur le bois sacré, l’enfant prodige de Douako raconte une histoire d’amour inébranlable entre un homme et son héritage. Un chant d’espoir pour demain.
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