Labé, 22 mai. (AGP)- Le juriste Maître Mouley Ismaël Diallo a dénoncé, ce vendredi 22 mai 2026, une « défaillance administrative et sociale » face à la présence de nombreux enfants mineurs qui vivent et cherchent leur subsistance dans une décharge publique située près du rond-point Hoggo Bouro, dans la commune urbaine de Labé.
Le constat, fait il y a quelques jours, suscite l’indignation de plusieurs citoyens et acteurs de la société civile, alors que ces enfants passent leurs journées dans un environnement jugé insalubre et dangereux.
Interrogé sur la question, Maître Mouley Ismaël Diallo a mis en cause les parents, l’État ainsi que certaines organisations de la société civile dans la gestion de la protection de l’enfance.
« Après la Convention relative aux droits de l’enfant, la Guinée dispose également d’un Code de l’enfant qui définit clairement les responsabilités des différents acteurs chargés de la protection des mineurs. Les parents doivent assurer la protection et le développement de leurs enfants. L’État a aussi une responsabilité bien définie, tout comme les communautés de base et les ONG de protection de l’enfance », a-t-il expliqué.
Pour le juriste, la présence d’enfants dans une décharge publique constitue une situation « inacceptable ».
« Voir un enfant vivre dans un dépotoir alors qu’il ne souffre d’aucun trouble mental est inadmissible », a-t-il dénoncé.
Maître Mouley Ismaël Diallo estime également que l’insuffisance de projets sociaux et le manque d’implication des autorités aggravent le phénomène.
« Labé est une ville connue de l’État et des partenaires. Les autorités doivent agir pour mettre fin à cette situation. Un enfant qui quitte parfois une localité éloignée pour venir passer toute la journée dans un lieu insalubre doit interpeller toute la société », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence de moyens adéquats du ministère en charge de la Famille et des Solidarités, combinée à la faiblesse des initiatives communautaires et associatives, complique davantage la prise en charge de ces enfants souvent éloignés de leurs familles.
« C’est une défaillance de la société, liée au manque de projets fiables, mais aussi un grand manquement de l’État. Beaucoup de ces enfants viennent de loin et leurs parents deviennent parfois difficiles à retrouver », a conclu le juriste.
AGP/22/05/026 SD/CM/AND




