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Le journalisme de solutions face aux incendies et aux catastrophes en Guinée

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Conakry, 11 Fév (AGP)- S’il est un secteur qui devrait aujourd’hui bénéficier d’une innovation majeure en Guinée, c’est bien celui de la communication, à travers l’introduction et la promotion du journalisme de solutions.

Si la communication est à juste titre considérée comme le quatrième pouvoir, elle ne peut pleinement jouer ce rôle que si elle évolue au rythme des mutations de la société et des défis contemporains. Or, force est de constater que notre traitement médiatique des catastrophes demeure largement figé dans des schémas répétitifs et peu constructifs.

À chaque accident, incendie ou inondation, la même démarche journalistique prévaut : micros tendus aux riverains et aux proches des victimes, récits émotionnels, descriptions des causes apparentes de la tragédie, puis silence. Une fois l’émotion retombée, aucune leçon structurée n’est tirée, aucune réflexion de fond n’est engagée, et aucune solution concrète n’est proposée pour éviter que ces drames ne se reproduisent.

Le décès récent de cinq personnes d’une même famille à la suite d’un incendie illustre tristement ce cycle. Après le micro-trottoir, l’apitoiement collectif, les pleurs et les obsèques, plus rien. La tragédie s’éteint médiatiquement, mais les causes structurelles demeurent intactes.

C’est précisément là que le journalisme de solutions trouve toute sa pertinence. Il serait infiniment plus utile de concevoir des émissions dédiées à l’analyse post-crise, capables d’accueillir des experts – urbanistes, ingénieurs, sapeurs-pompiers, architectes, spécialistes de la gestion des risques – afin d’éclairer l’opinion publique et, surtout, d’apporter des recommandations opérationnelles susceptibles d’assister les décideurs publics dans leur prise de décision.

Dans le cas spécifique des incendies, des pistes concrètes existent. Parmi elles, l’imposition de détecteurs de fumée dans les habitations et les bâtiments publics, capables d’alerter les occupants à temps, constitue une mesure simple mais efficace. Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres solutions techniques, réglementaires et éducatives pouvant réduire significativement la récurrence de ces drames.

Enfin, il importe de dépasser une lecture exclusivement fataliste ou spirituelle des catastrophes. Affirmer systématiquement que les victimes « étaient arrivées au terme de leur vie » revient à neutraliser toute responsabilité collective et à renoncer à l’action préventive. Une telle posture relève moins de la foi que du fatalisme, voire du fanatisme.

À l’inverse, une société consciente et responsable se doit d’agir, d’anticiper et d’innover. Chercher des solutions n’est pas nier la dimension spirituelle de l’existence, mais honorer la vie humaine en s’efforçant de la protéger. C’est à ce prix que nous pourrons faire reculer ces fléaux qui, à force de banalisation, finissent par diminuer silencieusement notre espérance de vie.

Abdoulaye M’Bemba KEITA

Diplomate

Expert en Études Internationales Avancées

Fondateur de la Diplomatie inspirée

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