Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a rapporté mardi que la confiance entre les Etats-Unis et ses alliés occidentaux était « perdue », estimant que cette réalité perdurera même après la présidence de Donald Trump.
« La rupture est trop profonde, et la confiance perdue dans la politique de grande puissance des États-Unis est trop importante, non seulement chez leurs alliés, mais aussi, comme je le constate, à l’échelle mondiale », a déclaré M. Steinmeier dans un discours prononcé à Berlin à l’occasion du 75e anniversaire du ministère allemand des Affaires étrangères.
« Il n’y aura pas de retour à la situation d’avant le 20 janvier 2025 », date du début du deuxième mandat de Donald Trump à la Maison Blanche, jugé cet ex-ministre des Affaires étrangères, évoquant l’avenir des relations transatlantiques.
A cette perte de confiance s’ajoute l’incompréhension face au déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui, selon lui, est « contraire au droit international ».
« Cette guerre constitue (…) une erreur politique aux conséquences graves », a insisté le diplomate, évoquant un conflit « évitable, inutile ».
Le président allemand occupe un rôle essentiellement protocolaire et dispose d’une influence morale. Ses critiques vont plus loin que celles du gouvernement, mais sont dans la même lignée.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a ainsi appelé vendredi à la fin de la guerre contre l’Iran, soulignant qu’elle « ne profitait à personne et nuisait économiquement à beaucoup ».
Le président de la Société germano-israélienne, Volker Beck, de son côté, a jugé les propositions du président allemand « totalement inappropriées », dénonçant une « attitude prétentieuse de donneur de leçons ».
« Le régime des mollahs menace et mène une guerre contre l’existence même d’Israël depuis des années », a-t-il déclaré, l’accusateur M. Steinmeier de fermer les yeux sur ces dangers.
L’Allemagne est l’un des principaux soutiens d’Israël, en raison de sa responsabilité historique dans la Shoah.
Ces derniers mois, le chancelier Friedrich Merz a cependant exprimé des critiques envers les actions d’Israël à Gaza et ses frappes au Liban.
AFP




