Lundi, une figure de proue de l’opposition en République démocratique du Congo a appelé le président Félix Tshisekedi à « renoncer » aux réformes constitutionnelles proposées qui pourraient lui ouvrir la voie à un troisième mandat.
Les élections auront lieu dans deux ans, mais les tensions sont déjà vives entre le gouvernement et ses opposants depuis que le parlement, à majorité du parti au pouvoir, a approuvé une proposition visant à prolonger le mandat présidentiel.
« Une nation en guerre ne devrait pas faire de la réforme constitutionnelle une priorité », a déclaré Delly Sesanga, président du parti ENVOL et membre de la coalition d’opposition C64.
Tshisekedi, âgé de 63 ans, est au pouvoir depuis 2019 et son deuxième et dernier mandat de cinq ans devrait se terminer en 2028.
Il n’a pas encore décidé s’il adoptera le projet de loi.
Plus tôt ce mois-ci, Tshisekedi a renvoyé à l’Assemblée nationale pour examen un projet de loi largement critiqué assouplissant les conditions d’organisation des référendums, qui avait été approuvé par la Cour constitutionnelle fin juillet.
Sesanga a qualifié cette initiative de « geste qui reste insuffisant » et a exhorté le chef de l’État congolais et l’assemblée, dominée par la majorité présidentielle, à « abandonner définitivement ce projet ».
L’opposition est sortie affaiblie de l’élection présidentielle de 2023, que Tshisekedi a remportée avec une large avance, et les analystes doutent de sa capacité à mobiliser l’opinion publique.
Les manifestations initialement prévues pour la mi-août ont été reportées au 15 septembre par les organisateurs du C64.
Rejetant toute idée de division au sein de l’opposition, Sesanga a déclaré qu’en RDC, « le principal adversaire est la misère dans laquelle vit notre population, l’insécurité, le manque d’emplois pour les jeunes ».
« Nous parlons d’une seule voix, avec la même énergie, avec le même engagement », a-t-il déclaré.
À la mi-juillet, Kinshasa a également annoncé l’organisation d’un dialogue national réclamé de longue date par l’opposition, sans en préciser les modalités.
Cette proposition de réforme constitutionnelle intervient alors qu’une grande partie du pays est déchirée par le conflit, notamment à l’est, où le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, s’est emparé de vastes portions de territoire l’année dernière.
Sesanga a appelé le M23 à participer également à un dialogue national pour soutenir « la paix et la réunification », mais les autorités congolaises ont refusé.
Des millions d’électeurs des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont les capitales sont tombées aux mains du M23 en janvier 2025, pourraient être empêchés de se rendre aux urnes lors de l’élection présidentielle de 2028.
« Aucun Congolais sérieux n’accepterait des élections sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », a déclaré Sesanga.
Dimanche, le gouvernement suisse a annoncé que la RDC et le M23 s’étaient mis d’accord sur une nouvelle feuille de route pour les pourparlers de paix, dans le cadre de la dernière tentative en date pour déclarer un cessez-le-feu, après l’échec des précédents accords de paix et la poursuite des combats sur le terrain.
AFP




