Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une mesure controversée visant à limiter l’influence étrangère, après que le Parlement eut assoupli certaines dispositions qui avaient suscité des critiques de la part des institutions financières, celles-ci craignant qu’elles n’entravent les transferts de fonds et les activités de développement.
La loi érige en infraction pénale la promotion des « intérêts d’un étranger au détriment des intérêts de l’Ouganda » et interdit à toute personne agissant pour le compte d’intérêts étrangers d’élaborer ou de mettre en œuvre des politiques sans l’accord du gouvernement.
Les organisations de défense des droits de l’homme ont déclaré qu’une formulation aussi vague permettrait au gouvernement de criminaliser pratiquement toute forme d’opposition politique. Le gouvernement a accusé ses détracteurs d’exagérer l’impact du projet de loi.
Museveni, au pouvoir depuis 1986, dénonce régulièrement l’influence étrangère en Ouganda, accusant ses rivaux politiques nationaux de recevoir des fonds de l’étranger.
Son bureau a annoncé dimanche soir qu’il avait signé le projet de loi sur la « protection de la souveraineté », que le Parlement avait adopté le 5 mai. Les sanctions en cas d’infraction vont jusqu’à 10 ans de prison et de lourdes amendes.
La version finale de la loi a assoupli plusieurs dispositions antérieures qui avaient été critiquées par les institutions économiques.
Une loi qui obligeait tout Ougandais recevant de l’argent de l’étranger à s’enregistrer en tant qu’agent étranger et à déclarer les fonds reçus a été modifiée pour ne s’appliquer qu’aux personnes recevant des fonds à des fins politiques servant des intérêts étrangers.
Les transferts de fonds effectués par les Ougandais vivant à l’étranger constituent une source importante de devises étrangères pour ce pays d’Afrique de l’Est.
Le gouverneur de la Banque centrale, Michael Atingi-Ego, avait averti le mois dernier que cette loi risquait de réduire les flux financiers vers l’Ouganda et d’épuiser les réserves de devises étrangères, une situation qu’il a qualifiée de « catastrophe économique pour notre pays ».
La Banque mondiale a également critiqué la proposition initiale, estimant qu’elle pourrait exposer à une responsabilité pénale un large éventail d’« activités de développement courantes ».
Ni la Banque centrale ni la Banque mondiale n’ont commenté les modifications apportées au projet de loi initial.
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