L’Ouganda a officiellement baptisé son pétrole « Pearl Sweet » mercredi, tandis que son secrétaire à l’Énergie a déclaré que le pays s’attendait à rejoindre le club des nations exportatrices de pétrole d’ici la fin de l’année.
Deux sites pétroliers situés dans l’ouest de l’Ouganda, exploités par le géant énergétique français TotalEnergies et la China National Offshore Oil Corporation, sont presque achevés et permettront à terme à ce pays d’Afrique de l’Est d’atteindre une capacité de production maximale de 230 000 barils par jour.
La secrétaire à l’Énergie, Irene Batebe, a déclaré à l’AFP que le premier site, Kingfisher, serait mis en service « d’ici la fin de cette année » avec une production initiale de 28 000 barils par jour.
Le site de Tilenga, beaucoup plus vaste, est achevé à 74 %, a-t-elle ajouté.
« Le pétrole nous mènera très loin », a déclaré le président Yoweri Museveni, 81 ans, lors de la « cérémonie de baptême du pétrole » dans le district de Hoima, où une raffinerie d’une capacité de 60 000 barils par jour est également en construction.
Le nom « Pearl Sweet » fait référence au surnom de l’Ouganda, la « perle de l’Afrique », et à la faible teneur en soufre de cette huile.
La majeure partie du pétrole sera pompée hors de l’Ouganda enclavé le long du nouvel oléoduc est-africain (EACOP), le plus long oléoduc chauffé du monde, s’étendant sur 1 443 kilomètres (897 miles), jusqu’à la côte tanzanienne.
« Nous prévoyons que les navires EACOP et Kingfisher combinés entreront en production d’ici la fin de l’année, tandis que nous travaillons à intégrer Tilenga à notre projet », a déclaré Batebe.
Le pétrole ougandais est particulièrement visqueux et doit être maintenu à 50°C pour pouvoir être transporté par oléoduc.
Ce projet a suscité la controverse : il a été décrit comme une « bombe à carbone » qui libérera 379 millions de tonnes de polluants contribuant au réchauffement climatique au cours de sa durée de vie.
Environ 100 puits sont situés dans le plus grand et le plus ancien parc national d’Ouganda, les chutes Murchison, et l’on craint des fuites du pipeline qui traverse des écosystèmes fragiles et très riches en biodiversité ainsi que des voies de migration de la faune sauvage.
Plus de 100 000 personnes ont été déplacées, et beaucoup critiquent le manque de transparence et l’insuffisance ou la lenteur des indemnisations, selon les ONG.
TotalEnergies affirme que « des mesures strictes ont été prises pour éviter, atténuer et compenser » l’impact sur l’environnement local et qu’elle a indemnisé 99 % des ménages déplacés.
AFP




