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Lutte syndicale sous le prisme Travail-Justice-Solidarité, 1er pas vers l’Indépendance nationale

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Ahmed Sékou Touré était avant tout syndicaliste

La République de Guinée célèbre cette année le 68ème anniversaire de son Indépendance acquise sur le front de lutte du mouvement syndical à sa tête le Camarade Ahmed Sékou Touré, premier Secrétaire Général de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Secrétaire Général Adjoint de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique noire (UGTAN) et Représentant de Confédération Générale des Travailleurs (CGT) en Guinée.

Elhadj Ousmane RDA SYLLA est le Président de l’Union nationale des personnes âgées et retraitées de Guinée a accepté à cette l’occasion, de nous accorder une interview exclusive.

Installé dans l’ancien bureau du camarade Ahmed Sékou Touré, à la bourse de travail siège de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) à Conakry, ce syndicaliste de la révolution guinéenne revient sur le rôle joué par le mouvement syndical pour l’émancipation du peuple de Guinée et d’Afrique.

« L’Indépendance de la Guinée a été initiée par le syndicat à la tête, le vénéré et brillant Camarade Ahmed Sékou TOURE. C’est à partir de 1945 que tout a commencé lorsque la Guinée subissait des travaux forcés et Sékou Touré à l’époque, employé au PTT comme commis auxiliaire où il a formé le syndicat qu’on appelait à l’époque le syndicat des travailleurs de Guinée (STG) qui fût un syndicat qui a lutté farouchement contre les colons qui ne voulaient pas du tout le voir.

C’est à partir de là que Sékou Touré fût invité à Dakar puis à Abidjan en 1949 pour la première réunion des grands leaders syndicaux d’Afrique convoquée par Félix Houphouët BOIGNY pour la création de l’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN) au sein de laquelle, le père de lindépendance guinéenne a été élu secrétaire général adjoint, Houphouët Secrétaire Général et Modibo KEITA du Mali, rapporteur. Sékou Touré se retourna en Guinée avec une célébrité et devient puissant syndicalement. C’est ainsi que le syndicat des travailleurs de Guinée (STG) fut érigé Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) pour devenir la puissante et l’unique centrale syndicale en Guinée. C’est à partir de là que la lutte pour l’indépendance va commencer » explique Ousmane RDA SYLLA.

IL rappelle que la lutte syndicale avait pour objectif non seulement l’amélioration et la promotion des conditions de vie et de travail des Guinéens. Mais aussi contribuer à la révolution pour accélérer la liberté et l’indépendance pour des colonies et promouvoir la démocratie pour les Etats souverains.

 De leader syndical à la Présidence de la République

 « Devenu très bouillonnant sur le continent, Sékou Touré a continué à combattre le colonialisme et c’est ainsi qu’en 1953, sous sa houlette la grève générale des cheminots et des dockers a été déclenchée et durera trois (3) mois.  Il n’avait pas les moyens pour soutenir cette grève, ce sont les dockers qui ont cotisé pour financer ce mouvement et moi j’ai été témoin oculaire c’est ce qui a permis à l’USTG de remporter la victoire de cette longue grève et devenir la centrale syndicale la plus importante de l’Afrique noire coiffée par l’UGTAN.

 Ces grèves fondatrices (1950-1953), la grève générale de 1950, puis celle de novembre 1953 ont unifié les travailleurs autour des revendications salariales et du respect du code du travail. Ces mobilisations ont forgé une conscience politique nationale face à l’administration coloniale française. Sékou Touré représentant de la CGT en Guinée, a su transformer les revendications professionnelles des salariés en un instrument de libération nationale et anticoloniale. C’est au lendemain de ces grèves donc en 1956 que Sékou Touré s’orienta dans la politique et devient maire de Conakry et obtiendra le surnom ‘’Syli sèkhou’’.

L’Union générale des travailleurs d’Afrique noire (UGTAN) a permis de structurer la lutte syndicale à l’échelle régionale et locale, préparant directement le NON massif au référendum de la communauté franco-africaine le 28 septembre 1958, qui a mené à l’indépendance le 2 octobre 1958.

C’est vous dire que le mouvement syndical a été le véritable fer de lance de l’indépendance de la Guinée en 1958, servant de tremplin politique à Ahmed Sékou Touré et à la structuration du Parti démocratique de Guinée (PDG) » a déclaré Elhadj Ousmane RDA SYLLA.

Lutte syndicale sous le prisme Travail-Justice-Solidarité

Ousmane RDA confirme que la devise de la Guinée tire sa genèse dans la lutte syndicale menée en Guinée pour le droit des travailleurs et l’émancipation des peuples africains sous le joug colonial.

« C’est le 25 juillet 1960, l’USTG devient CNTG (Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée) et Mamadi Kaba en est le premier Secrétaire Général.  C’est la force du syndicat qui a amené le peuple de Guinée à l’indépendance. J’ai vécu le mouvement syndical en Guinée avec les grands leaders syndicaux de ce pays et d’Afrique.

Le travail était la force de la lutte syndicale parce qu’il défendait d’abord le travail, l’emploi et tout le monde était obligé à travailler même étant à l’école. Il n’y avait pas de chômage. L’enceinte dans laquelle nous réalisons cet entretien son architecture est un T c’est-à-dire TRAVAIL.  La justice était pour tous et c’est le peuple qui jugeait. Sékou touré a vaincu les colons parce qu’il avait renforcé la chaine de solidarité en Guinée et en Afrique ce qui a permis à plusieurs pays de l’Afrique de sortir de l’administration coloniale et avoir leur indépendance. C’est pourquoi la devise de notre pays a été déclarée Travail-Justice-Solidarité. Elle est intimement liée au mouvement syndical. Ahmed Sékou Touré était avant tout syndicaliste » déclare-t-il.

Pour conclure cet entretien, Elhadj Ousmane RDA SYLLA nous confie qu’il a eu le surnom RDA depuis sa jeunesse dans sa ville natale Mamou où il écrivait régulièrement sur les wagons du train à la gare RDA, RDA parce que témoigne-t-il « Sékou m’a inspiré par sa conviction syndicale, sa conviction de panafricaniste, son franc-parler,  sa fidélité aux principes du syndicalisme qui sont la solidarité avec les mouvements de Libération en Afrique, sa volonté de lutter pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs ».

Ben Oumar SYLLA

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