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Mali : HRW accuse des paramilitaires russes d’avoir tué neuf civils dont des enfants

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L’ONG Human Rights Watch (HRW), évoquant un « massacre », a accusé jeudi des paramilitaires russes de l’Africa Corps, accompagnés de soldats maliens, d’avoir tué neuf civils dont quatre enfants lors d’une opération antijihadiste en juillet dans le centre du Mali.

Dans un communiqué, l’organisation de défense des droits humains explique que les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) contrôlent depuis 2017 le village de Bombori, dans la région de Mopti (centre), et possèdent une base à un kilomètre de là.

Le 10 juillet, « plus de 100 combattants de l’Africa Corps », organisation paramilitaire russe, et « plusieurs militaires maliens » ont investi le village à l’aube à la recherche de combattants du JNIM, qui « avaient quitté le village la veille », selon HRW.

« Ils ont fait irruption dans des maisons du quartier peul, ont traîné des personnes hors des habitations et ont rassemblé au moins 80 hommes et garçons sous un arbre », indique l’ONG.

Les Peuls sont une ethnie régulièrement prise pour cible au Sahel, car accusée de nourrir les rangs des groupes jihadistes qui minent la région.

« Là, les combattants ont battu les hommes et les garçons, les ont rejoints sur des liens présumés avec les groupes armés islamistes et ont menacé de les tuer s’ils dissimulaient des informations », poursuit HRW.

« Ils ont abattu six civils qui ont tenté de s’enfuir et en ont arrêté et exécuté trois autres, dont un qu’ils ont décapité », détaille l’ONG.

« Lorsque l’Africa Corps a quitté Bombori vers 14H00 (le 10 juillet), les habitants ont récupéré les corps de neuf personnes, dont cinq hommes âgés de 19 à 34 ans et quatre enfants âgés de 6 à 17 ans », selon HRW.

Pour documenter ce « massacre », l’ONG dit avoir mené des entretiens à distance avec 13 personnes, dont quatre témoins de l’attaque et neuf membres de la société civile et chefs de communauté, entre le 19 et le 30 juillet.

« Un soldat malien traduisait: +Où sont les djihadistes ? Celui qui montre un combattant rentre chez lui, celui qui montre les caches d’armes aura une récompense. Si vous ne collaborez pas, on vous tue tous !+ », a raconté à l’ONG un homme de 39 ans, impliqué par des combattants russes.

Le Mali est miné par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui ont fait des milliers de morts sur de larges pans de son territoire depuis plus d’une décennie.

Dirigé par une junte arrivée au pouvoir après deux coups d’État en 2020 et 2021, le pays a tourné le dos à ses partenaires occidentaux et s’est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires de l’Africa Corps l’aident dans sa lutte antijihadiste.

AFP

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