Conakry, 15 juil (AGP)-L’Agentine, tenante du titre de championne du monde, affrontera l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde 2026 à Atlanta – un match qui se déroulera dans un contexte historique intense entre les deux nations.
En avril 1982, le général Leopoldo Galtieri, impopulaire et alors à la tête de l’Argentine sous une junte militaire, ordonna l’invasion des îles Malouines, connues des Argentins sous le nom de « Las Malvinas ». La première ministre britanique de l’époque, Margaret Thatcher, dépêcha un contingent d’environ 26 000 hommes pour reprendre le contrôle du territoire. Le conflit dura 74 jours et s’acheva par la capitulation de l’Argentine le 14 juin 1982.
Les Argentins considèrent que le conflit des Malouines trouve son origine en 1833, lorsque le Royaume-Uni prit le contrôle militaire de ces îles, situées à environ 500 kilomètres (300 miles) au large des côtes orientales de l’Argentine. En 2016, l’Argentine a entamé des négociations avec le Royaume-Uni au sujet des Malouines. Si la souveraineté des deux pays est restée inchangée, une coopération s’est instaurée sur des questions pratiques.
« Non, non, non », a déclaré Scaloni avec conviction. « Ce n’est qu’un match de football. N’y voyons pas d’autres choses. C’est un match de football contre une grande équipe, avec un grand entraîneur que j’admire. Mais c’est un match de football. Point final. »
Néanmoins, la vice-présidente argentine Victoria Villarruel a publié le message suivant sur les réseaux sociaux le jour du match :
« Demain, nous affrontons les pirates usurpateurs. Ce n’est pas un match comme les autres. Je ne vais pas faire preuve de politiquement correct ni de froideur ; contre les Anglais, c’est toujours différent. Ce sont les Malouines, c’est Diego, c’est le dernier match de Leo, et il s’agit de freiner les envahisseurs. Allez l’Argentine ! Car jusqu’à notre dernier souffle, nous allons réclamer ce qui nous appartient ! »
Sur le terrain, certains des moments les plus emblématiques et les plus tristement célèbres de l’histoire du football se sont déroulés entre ces deux nations, ce qui explique en grande partie l’intensité de leur rivalité.
L’histoire remonte peut-être à 1966, lorsque l’Angleterre a battu l’Argentine en quarts de finale. L’Argentine a contesté le but anglais marqué par Geoff Hurst, jugé hors-jeu, et le capitaine argentin Antonio Rattin a été expulsé de manière controversée, le sélectionneur anglais Alf Ramsey qualifiant les joueurs argentins d’« animaux ».
Mais c’est en quarts de finale de la Coupe du monde 1986, quatre ans seulement après la guerre des Malouines, que s’est produit l’un des moments les plus emblématiques et les plus tristement célèbres. L’Angleterre affrontait l’Argentine au stade Azteca de Mexico, et ce match est resté dans les mémoires pour la « Main de Dieu », le but marqué de la main par Diego Maradona, mais aussi pour un second but magistral, inscrit après une superbe prise de vitesse de la défense anglaise.
Des années plus tard, Maradona écrivait dans son autobiographie publiée en 2000 : « C’était notre revanche, c’était… récupérer une partie des Malouines. On avait tous dit avant le match qu’il ne fallait pas mélanger les deux, mais c’était un mensonge. Un mensonge ! On ne pensait qu’à ça, hors de question que ce soit un match comme un autre. »
En 1998, les deux équipes se sont de nouveau affrontées sur la scène internationale et cette fois, David Beckham a été expulsé. L’Argentine s’est finalement imposée aux tirs au but. Beckham a ensuite essuyé de vives critiques médiatiques, mais quatre ans plus tard, le capitaine anglais a pris sa revanche en marquant un penalty qui a offert la victoire à l’Angleterre et éliminé l’Argentine avant les huitièmes de finale.
À un pas de l’histoire
Cette longue histoire entre les deux équipes rend la demi-finale de 2026 d’autant plus intrigante.
L’Argentine actuelle, emmenée par Lionel Messi, a l’opportunité de devenir la première nation à conserver son titre de champion du monde depuis le Brésil en 1962. Pour l’Angleterre, cela fait six décennies qu’elle n’a pas atteint une finale de Coupe du monde, celle qu’elle avait remportée à domicile en 1966. Quel que soit le vainqueur, quel que soit le buteur, Lionel Messi ou Harry Kane, un nouveau chapitre s’apprête à s’écrire dans l’une des plus grandes rivalités du football.
Édité par : Jonathan Harding




