Une défaite héroïque mais un sentiment de « victoire »: les supporters du Cap-Vert ont célébré leur équipe de football tôt samedi matin, malgré la défaite après prolongation des Requins bleus contre les champions du monde argentins (3-2), en seizième de finale du Mondial.
Il s’en est fallu de peu qu’un séisme frappe ce Mondial. Car David n’est pas passé loin de terrasser Goliath: le Cap-Vert, le « petit poucet » de la compétition, est en effet passé tout près de l’exploit, faisant trembler jusqu’au bout l’Argentine championne du monde.
« Nous avons perdu le match, mais nous avons le sentiment d’avoir remporté une victoire, car nous avons tenu tête aux champions du monde. Le Cap-Vert a été gigantesque », a déclaré à l’AFP Adilson Soares, un supporter cap-verdien présent dans l’une des fan zones de Praia, la capitale de cet archipel d’un peu plus de 500.000 habitants.
Un mélange de joie, de fierté et un léger sentiment d’amertume se lisait du coup sur le visage de nombreux supporters.
« Nous avons été si proches de battre l’Argentine. Nous avons eu le droit de rêver et, tout au long du match, nous avons fait souffrir les Argentins », a déclaré Pedro Ramos, un autre supporter cap-verdien.
Le Cap-Vert a sans doute écrit l’une des plus belles histoires de cette édition de la Coupe du monde de football élargie à 48 équipes. Avant ce match, le fait même d’avoir atteint la phase à élimination directe pour sa toute première participation constituait d’ores et déjà une incroyable performance.
Auteurs de trois matches nuls en phase de poule contre l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite, peu donnaient cher de la peau des Requins bleus face à l’ogre argentin.
Mais ces étonnants Cap-Verdiens ont tenu tête à l’Albiceleste de Lionel Messi, et même un peu plus que ça, dans une soirée devenue presque folle.
« J’avais l’impression d’assister à une finale de Coupe du monde. Qui aurait imaginé un jour que le Cap-Vert pousserait l’Argentine jusqu’aux prolongations dans un match de Coupe du monde? », s’est interrogé le diplomate Armando Lopes, la poitrine gonflée de fierté créole.
Le sort du mach a été scellé par un but contre son camp de Diney Borges à la 111e minute, mettant fin à cette incroyable épopée.
Mais dès le coup de sifflet final, malgré un scénario qui pouvait sembler cruel pour les Cap-Verdiens, des applaudissements pleins de fierté ont éclaté dans les fans zone de Praia. Puis les tambours ont commencé à résonner, alors que des concerts improvisés démarraient dans les rues.
Entre deux coups de klaxons et le bruit assourdissant des vuvuzelas, Pedro Ramos ajoute: « le Cap-Vert quitte la Coupe du monde la tête haute ».
« Le Cap-Vert a démontré la fierté et la dignité de la nation cap-verdienne tout au long de la compétition, et plus particulièrement face à l’Argentine, championne du monde », a poursuivi Carlos Brito, ingénieur en informatique.
Les festivités se sont poursuivies jusqu’à trois heures du matin, avec le sentiment partagé que le Cap-Vert avait désormais sa place dans les équipes à suivre en Coupe du monde.
AFP




