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Ukraine : 272 Ghanéens « attirés » sur le front dont 55 tués, selon Accra

Publié le

 

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi estime que 272 Ghanéens ont été « attirés » dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, « dont environ 55 auraient été tués ».

Ces derniers mois, plusieurs pays africains, notamment le Kenya et l’Ouganda, ont commencé à découvrir le genre de leurs ressortissants enrôlés dans l’armée russe, qui souvent finissent tués ou capturés en Ukraine.

Samuel Okudzeto Ablakwa a effectué cette semaine une visite à Kiev notamment pour discuter avec les autorités ukrainiennes du sort de deux Ghanéens prisonniers de guerre après avoir été capturés sur le front alors qu’ils combattaient dans les rangs russes.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a affirmé lors d’une rencontre avec son homologue ghanéen mercredi que plus de 1.780 Africains – ressortissants de 36 pays du continent – combattaient contre l’Ukraine au sein de forces russes.

Les Ghanéens partis combattent dans cette guerre « sont victimes de manipulation, de désinformation » de la part « de réseaux criminels de trafiquants » qui leur promettent « un travail décent » en Russie, a assuré M. Ablakwa mercredi.

« En tant que gouvernement responsable, nous ne pouvons fermer les yeux sur ces statistiques bouleversantes », a déclaré M. Ablakwa dans la nuit sur son compte X.

Le gouvernement « s’engage à traquer et à démanteler tous les réseaux de recrutement illégaux opérationnels sur le dark web » pour enrôler des Ghanéens, « ce n’est pas notre guerre et nous ne pouvons pas permettre que nos jeunes deviennent des boucliers humains pour d’autres », a-t-il ajouté.

Dans un récent rapport, le collectif All Eyes on Wagner estime que, « le phénomène de recrutement de ressortissants africains ne constitue pas un épiphénomène isolé, mais bien l’ossature d’une stratégie délibérée et organisée » alors que la guerre commence par l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022 se prolonge et que Moscou doit « faire face à une pénurie d’hommes ».

« Trompés » –

Les contingents les plus importants proviennent d’Egypte (361 hommes), du Cameroun (335) – pays qui paie le plus lourd tribut en termes de pertes – et du Ghana (234), selon ce rapport, et sont recrutés via « des réseaux transnationaux qui exploitent des vulnérabilités socio-économiques persistantes » sur ce continent.

Des journalistes de l’AFP ont rencontré des prisonniers de guerre kényans, togolais, camerounais et nigériens, lors d’une visite fin 2025 dans une prison ukrainienne.

Ces hommes ont affirmé avoir été trompés par des promesses d’emplois civils bien rémunérés en Russie, avant de se retrouver enrôlés de force dans l’armée russe et envoyés combattre en Ukraine.

Plusieurs Kényans ont été impliqués par l’AFP après avoir réussi à rentrer dans leur pays ont raconté avoir croisé des dizaines d’Africains dans les camps d’entraînement en Russie ou sur le front, venant du Nigeria, du Cameroun, d’Egypte ou d’Afrique du Sud.

Disant se baser sur un rapport conjoint des services de renseignements et de la direction des enquêtes criminelles, un député kényan, Kimani Ichung’wah, a récemment affirmé que « plus de 1.000 Kényans ont été recrutés et sont partis combattre dans la guerre russo-ukrainienne ».

Ce chiffre est bien supérieur au chiffre de 200 Kényans avancé en décembre par les autorités, jugé vraisemblablement sous-évalué par les Kényans impliqués à leur retour par l’AFP.

« Scandale » –

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a cette semaine remercié le président russe Vladimir Poutine d’avoir permis le retour des Sud-Africains « attirés sur le champ de bataille entre la Russie et l’Ukraine ».

Quinze Sud-Africains, qui affirment avoir été dupés et enrôlés au sein d’unités russes combattant en Ukraine, ont pu rentrer dans leur pays depuis le 18 février.

Selon M. Ramaphosa, une enquête sur les circonstances de leur recrutement se poursuit.

Accusé par des familles d’avoir participé aux recrutements de Sud-Africains, la fille de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, a démissionné de son siège de député.

Le phénomène commence également à agiter l’Ouganda, pays proche de la Russie qui a jusque-là évité toute critique de Moscou et où les témoignages commencent à affluer.

Récemment, la Gambie et le Nigeria ont exprimé leur inquiétude concernant leurs ressortissants qui partent à l’étranger pour participer à des conflits armés.

« Le scandale de ces recrutements montre clairement que la guerre en Ukraine n’est plus une question géopolitique lointaine pour les gouvernements africains », estime dans une note publiée vendredi l’International Crisis Group (ICG).

« Alors que leurs citoyens sont directement impliqués dans le conflit, les dirigeants pourraient être confrontés à une pression interne croissante qui rendra plus difficile le respect des principes de non-alignement », ajoute ICG.

AFP

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