Yomou, 02 sept (AGP)-L’entrepreneuriat agricole gagne progressivement du terrain chez les jeunes de la préfecture de Yomou, où certains s’investissent dans la mise en valeur des terres cultivables afin de renforcer leur autonomie financière et contribuer au développement de leurs communautés.
Parmi ces jeunes entrepreneurs figure Moïse Kpoghomou, qui s’est lancé dans la culture du piment rouge, une culture à fort potentiel économique et dont la demande est importante sur les marchés de la région.
Pour sa première expérience, le jeune entrepreneur a aménagé une superficie de deux hectares dans son village de Gbélékpara, relevant de la collectivité de Bowé, pour expérimenter la production d’une variété de piment local, qu’il estime adaptée aux conditions agroécologiques de la Guinée et susceptible d’intéresser les marchés régional et international.
À travers cette initiative, Moïse Kpoghomou entend contribuer à la promotion de l’agriculture dans sa localité, tout en créant des activités génératrices de revenus au profit des femmes et des jeunes sans emploi.
« Cette initiative est une manière pour moi de participer au développement de ma localité à travers l’agriculture. Je souhaite également permettre à certaines femmes et aux jeunes de trouver une activité qui puisse leur procurer des revenus », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’agriculture représente une importante opportunité pour la jeunesse, notamment dans les zones rurales où les potentialités agricoles restent encore largement inexploitées.
Dans son expérience, le choix du terrain constitue une étape déterminante pour réussir la culture du piment. Il préconise une parcelle relativement plate, bien drainée, suffisamment exposée au soleil et disposant d’un point d’eau pour assurer l’irrigation pendant les périodes sèches.
La préparation du sol doit également être réalisée avec soin, notamment à travers le nettoyage, l’ameublissement et l’apport de fumure organique bien décomposée. Une analyse du sol peut, selon lui, permettre de mieux déterminer les besoins en éléments nutritifs et d’adapter la fertilisation.
La production des plants en pépinière avant le repiquage constitue une autre étape importante. Selon la variété et les conditions de production, les plants peuvent être repiqués après environ quatre à six semaines.
« Chez moi, j’ai privilégié le piment de chez nous, c’est-à-dire une variété adaptée aux sols guinéens. Compte tenu du climat et des caractéristiques de nos sols, je pense que cette variété présente des avantages pour notre zone », a précisé le jeune entrepreneur.
La protection phytosanitaire constitue également un aspect essentiel de la production. Le producteur doit surveiller régulièrement les parcelles afin de détecter les éventuelles attaques de pucerons, thrips, aleurodes, chenilles et acariens, ainsi que certaines maladies fongiques et virales.
La lutte intégrée, combinant surveillance des cultures, désherbage, rotation des cultures, élimination des plants fortement atteints et utilisation raisonnée des produits phytosanitaires, est préconisée pour limiter les pertes.
Conscient de la nécessité de renforcer ses connaissances, Moïse Kpoghomou affirme suivre régulièrement des formations en ligne consacrées à l’agriculture.
« Mon souci, de nos jours, est de progresser dans cette activité. Je suis fréquemment des cours payants en ligne et je recherche également des assistants et des techniciens agricoles pour renforcer mes acquis », a-t-il indiqué.
Au-delà de la culture du piment, le jeune entrepreneur ambitionne d’investir prochainement dans la pisciculture et l’élevage, avec l’objectif de diversifier ses activités et de créer davantage d’emplois.
Il sollicite toutefois l’accompagnement des autorités communales, préfectorales, régionales et nationales, notamment à travers un appui matériel, technique et financier.
« Je tends une main franche de collaboration aux autorités administratives et locales pour bénéficier d’un soutien matériel et financier. Je souhaite également un accompagnement du gouvernement guinéen, à travers les départements en charge de l’Agriculture et de l’Élevage, afin de progresser davantage et surtout de créer des emplois pour les femmes démunies et les jeunes sans emploi, afin qu’ils puissent se prendre en charge », a-t-il lancé.
Cette expérience de culture du piment pourrait ainsi contribuer à susciter davantage d’intérêt chez les jeunes de Yomou pour l’entrepreneuriat agricole, la valorisation des terres cultivables et la création d’activités génératrices de revenus.
AGP/02/09/026 AD/MKC/AND




