N’Zérékoré, 22 Jan (AGP)-Les procédures judiciaires engagées dans l’affaire présumée de traite des êtres humains dans la région administrative de N’Zérékoré connaissent de nouveaux développements. Ce jeudi 22 janvier 2025, le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré a renvoyé une quinzaine de personnes poursuivies dans ce dossier à des fins de poursuite, pour délit non établi à leur égard.
Pour rappel, 83 personnes avaient été interpellées il y a quelques semaines par les autorités judiciaires, en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, dans le cadre d’une vaste opération de lutte contre la traite des humains. Parmi elles, plus de 30, composées en majorité de mineurs et considérées comme victimes, avaient été libérées quelques jours après leur interpellation.
Depuis plus de deux semaines, le TPI de N’Zérékoré a entamé le jugement des autres personnes mises en cause. À l’issue de l’audience de ce jeudi, le tribunal a estimé que les charges retenues contre une quinzaine de prévenus n’étaient pas suffisamment établies pour justifier leur poursuite.
Prenant la parole à la suite de cette décision, Mohamed Fatoumata Soumah, substitut du procureur près le TPI de N’Zérékoré, a déclaré que le ministère public « prend acte de la décision rendue par le tribunal et s’en réjouit ». Selon lui, ces personnes ne sont pas les véritables auteurs des faits de traite humaine.
« Nous sommes convaincus que les personnes poursuivies ici ne sont pas les véritables coupables. Les véritables auteurs sont encore dans la nature », a-t-il affirmé, avant de préciser que le parquet est désormais engagé dans la traque de ces derniers, où qu’ils se trouvent. « Nous ferons tout pour les interpeller et les condamner conformément à la loi », a-t-il insisté.
Le substitut du procureur a par ailleurs expliqué que les personnes poursuivies avaient, pour la plupart, refusé de collaborer avec la justice, non pas par complicité, mais en raison des traumatismes, menaces et pressions subies de la part des principaux auteurs, encore en fuite. « Certaines de ces personnes ont même des représentants dans cette salle », a-t-il laissé entendre.
S’adressant directement aux personnes libérées, Mohamed Fatoumata Soumah a lancé un appel ferme. Il a invité celles qui ne sont pas de nationalité guinéenne à regagner leurs pays respectifs, et celles venant d’autres régions du pays à quitter la région de N’Zérékoré.
« Désormais, si l’un d’entre vous est retrouvé dans la région de N’Zérékoré pour les mêmes faits, il sera considéré comme auteur ou complice des principaux auteurs », a-t-il averti.
Le parquet de N’Zérékoré réaffirme ainsi sa détermination à lutter contre la traite des êtres humains et à traduire devant la justice les véritables responsables de ce réseau, dans le strict respect des procédures judiciaires et des droits des victimes.
AGP/22/01/026 MLK/MKC/AND




