L’Iran a ciblé des pays du Moyen-Orient avec une nouvelle salve de missiles mercredi, quelques heures après que le président américain Donald Trump a fait état de progrès timides dans les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre.
Le conflit qui a débuté le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran s’est propagé à travers le Moyen-Orient, plongeant les marchés mondiaux de l’énergie dans une spirale infernale.
L’Iran a tiré une salve de missiles et de drones « guidés avec précision » sur Israël et sur des bases abritant des forces américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, ont annoncé mercredi matin les Gardiens de la révolution iraniens.
Des images de l’AFP ont capturé les traînées de roquettes sillonnant le ciel de Netanya, ville côtière israélienne, tandis que les sirènes d’alerte aérienne retentissaient dans une grande partie du centre du pays.
Des drones ont percuté un réservoir de carburant à l’aéroport international du Koweït, provoquant une boule de feu, tandis que les autorités jordaniennes ont signalé des chutes d’éclats d’obus près de la capitale Amman et que des alertes aériennes ont retenti à Bahreïn.
L’Iran s’en est pris aux pays du Golfe, longtemps considérés comme un refuge relatif dans une région instable, frappant de plein fouet l’industrie du tourisme et paralysant le trafic aérien mondial, leurs principaux aéroports étant pris pour cible.
La guerre s’est également étendue au Liban, les forces israéliennes visant à prendre le contrôle du terrain jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres (20 miles) de la frontière, intensifiant leur campagne contre le Hezbollah soutenu par l’Iran.
Dans la ville libanaise de Sahel Alma, au nord de Beyrouth, des images de l’AFP ont montré des fenêtres brisées et des décombres jonchant les rues après une explosion.
« Nous avons des enfants de deux ans qui ont peur, qui pleurent et qui vivent cela », a déclaré à l’AFP Gaia Khouiri, une habitante du quartier.
La campagne israélienne a fait au moins 1 072 morts au Liban et plus d’un million de déplacés, selon les autorités libanaises.
Des avions de combat israéliens ont de nouveau bombardé pendant la nuit la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah.
Un correspondant de l’AFP a constaté qu’après la frappe survenue tôt le matin, une rue était jonchée de débris, notamment de ciment brisé et de morceaux de métal tordus, tandis que les étages supérieurs d’un immeuble d’habitation semblaient gravement touchés.
‘Un très gros cadeau’ –
Israël a également déclaré qu’il lançait de nouvelles frappes de missiles contre « l’infrastructure du régime terroriste iranien ».
« Les bruits, les explosions, les missiles – cela fait désormais partie de notre quotidien », a déclaré par téléphone à l’AFP une femme de 35 ans vivant à Téhéran.
Alors que les combats sur le terrain ne montraient guère de signes d’accalmie, Trump semblait intensifier ses efforts pour mettre fin au conflit.
Le président américain, dont les déclarations quotidiennes sur la guerre ont oscillé entre menaces et conciliation, a déclaré que Washington était « en pleines négociations » avec Téhéran.
Il a déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale que l’Iran lui avait offert « un très gros cadeau d’une valeur inestimable », ce qui, selon lui, démontrait que « nous avons affaire aux bonnes personnes ».
Trump n’a pas donné plus de détails, mais a indiqué que cela concernait le détroit d’Ormuz, que l’Iran a en grande partie bloqué en représailles aux frappes américaines et israéliennes, ce qui a fait flamber les prix mondiaux de l’énergie.
Plusieurs médias ont rapporté que Trump avait envoyé à l’Iran un plan en 15 points via le Pakistan, qui a proposé sa médiation en vue d’une éventuelle fin de la guerre.
Les déclarations cryptiques de Trump concernant son désir de dialoguer avec l’Iran comprenaient la répétition d’une affirmation selon laquelle Téhéran aurait « accepté de ne jamais posséder d’arme nucléaire ».
L’Iran avait accepté en 2015 de larges restrictions à son programme nucléaire controversé dans le cadre d’un accord que Trump a dénoncé durant son premier mandat.
Malgré les espoirs affichés par le dirigeant américain quant à la conclusion d’un accord, le Wall Street Journal a rapporté que Washington prévoyait d’envoyer 3 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient.
Les autorités iraniennes n’ont pas encore confirmé l’existence de discussions formelles.
« Parties agresseuses » –
Alors que les belligérants s’échangeaient des frappes, l’attention restait focalisée sur le détroit stratégique d’Ormuz, voie de passage essentielle par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial.
Téhéran, dans un message diffusé par l’Organisation maritime internationale (OMI), a assuré le passage en toute sécurité à travers le détroit aux « navires non hostiles ».
L’OMI a toutefois cité une déclaration du ministère iranien des Affaires étrangères selon laquelle aucun passage ne serait accordé aux navires appartenant aux « parties agresseuses, à savoir les États-Unis et le régime israélien ».
Les répercussions économiques de la crise commencent à se faire sentir dans le monde entier, les gouvernements cherchant à réduire leur consommation d’énergie et les compagnies aériennes réduisant leurs vols.
Mais la promesse de l’Iran, conjuguée au ton plus conciliant de Trump, a fait grimper les cours boursiers et baisser les prix du pétrole sur les marchés asiatiques.
L’impact plus large du blocage du détroit d’Ormuz a été mis en lumière par un avertissement lancé par un haut responsable de l’Organisation mondiale du commerce lors d’un entretien avec l’AFP.
« Les engrais sont aujourd’hui la principale source d’inquiétude. S’il n’y a plus d’engrais, cela a un impact non seulement sur les quantités, mais aussi sur les prix », a déclaré Jean-Marie Paugam à l’AFP lors d’un entretien.
« L’effet s’aggrave l’année suivante : les récoltes diminuent et les prix augmentent. »
AFP




