Samedi, les forces iraniennes et américaines se sont livrées à une course contre la montre pour récupérer un membre d’équipage du premier avion de chasse américain à s’être abattu en Iran depuis le début de la guerre.
Téhéran a affirmé avoir abattu l’avion de combat F-15 et les médias américains ont rapporté que les forces spéciales américaines avaient secouru l’un des deux membres d’équipage, l’autre étant toujours porté disparu.
L’armée iranienne a également affirmé avoir abattu un avion d’attaque au sol américain A-10 dans le Golfe, les médias américains indiquant que le pilote de cet appareil avait été secouru.
La guerre a éclaté il y a plus d’un mois avec des frappes américano-israéliennes contre l’Iran qui ont tué le guide suprême Ali Khamenei, déclenchant des représailles qui ont étendu le conflit à tout le Moyen-Orient, bouleversant l’économie mondiale et touchant des millions de personnes dans le monde entier.
« La situation est vraiment difficile en ce moment. On ne peut même pas prévoir six heures à l’avance », a déclaré à l’AFP un photographe de 40 ans vivant à Téhéran, alors que de nouvelles frappes s’abattaient sur la capitale iranienne samedi.
« Il n’y a vraiment rien que nous puissions faire. Nous n’avons pas le pouvoir de changer la situation », a déclaré cet homme, qui vend ses biens en ligne pour joindre les deux bouts.
Un journaliste de l’AFP a aperçu un épais brouillard de fumée grise recouvrant l’horizon de Téhéran après avoir entendu plusieurs explosions au-dessus de la capitale. On ignorait dans l’immédiat ce qui avait été visé.
– « Récompense précieuse » –
Un porte-parole du commandement opérationnel central de l’armée iranienne a déclaré plus tôt qu’« un avion de chasse américain hostile dans l’espace aérien central iranien a été touché et détruit par le système de défense aérienne avancé des forces aérospatiales du Corps des gardiens de la révolution islamique ».
« L’avion a été complètement détruit et les recherches se poursuivent. »
Un journaliste de la télévision iranienne, travaillant sur une chaîne officielle locale, a déclaré que quiconque capturerait un membre d’équipage vivant recevrait « une précieuse récompense ».
Des images diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par AFPTV ont montré des policiers iraniens tirant sur un hélicoptère américain dans le sud-ouest de l’Iran, alors que les forces américaines recherchaient le pilote disparu.
Le général de brigade américain à la retraite Houston Cantwell, qui compte 400 heures d’expérience de vol de combat, a déclaré que l’entraînement d’un pilote prendrait probablement le dessus avant même qu’il ou elle ne saute en parachute au sol.
« Ma priorité serait avant tout de me cacher, car je ne veux pas être capturé », a-t-il déclaré à l’AFP.
Mohammad Ghalibaf, le président du Parlement iranien, a raillé l’administration Trump.
Il a écrit sur X : « Après avoir vaincu l’Iran 37 fois de suite, cette brillante guerre sans stratégie qu’ils ont déclenchée est maintenant passée de « changement de régime » à « Hé ! Quelqu’un peut-il retrouver nos pilotes ? S’il vous plaît ? » »
« Waouh ! Quel progrès incroyable ! De véritables génies ! »
– Grèves contre les infrastructures –
Les grèves menées par tous les camps ciblent de plus en plus les sites économiques et industriels, faisant craindre des perturbations plus importantes des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Des frappes américano-israéliennes menées samedi ont touché un centre pétrochimique, une cimenterie, un terminal commercial à la frontière irano-irakienne et une zone proche de la centrale nucléaire de Bushehr, ont rapporté les médias iraniens.
Selon ces informations, deux personnes ont été tuées.
Le chef de l’agence atomique de l’ONU, Rafael Grossi, a exprimé sa « profonde inquiétude » au sujet de la frappe survenue près de Bushehr, affirmant qu’il s’agissait du quatrième incident de ce type ces dernières semaines.
« Les sites des centrales nucléaires ou les zones avoisinantes ne doivent jamais être attaqués », a-t-il écrit sur X, notant toutefois qu’aucune augmentation des niveaux de radiation n’avait été signalée à Bushehr.
L’Iran a riposté par des frappes contre les infrastructures des alliés des États-Unis dans la région du Golfe, et a également bloqué de facto le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale par laquelle transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel mondiaux.
Des éclats d’obus provenant de drones interceptés ont blessé quatre personnes samedi à Bahreïn.
Par ailleurs, deux bâtiments à Dubaï ont été touchés par des débris, dont un abritant la société américaine d’informatique en nuage Oracle, ont indiqué les autorités des Émirats arabes unis.
– Explosions à Beyrouth –
L’armée israélienne a déclaré vendredi avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah, soutenu par l’Iran.
Les médias d’État libanais ont rapporté qu’Israël avait détruit un pont dans la région de la Bekaa, et les médias locaux ont indiqué qu’un deuxième pont avait également été touché, après qu’Israël eut annoncé son intention de les frapper.
Un journaliste de l’AFP a entendu deux fortes explosions à Beyrouth à une demi-heure d’intervalle, tôt samedi matin, et a vu de la fumée s’échapper de l’une d’elles.
Un hôpital de Tyr, ville côtière libanaise, a été endommagé par des frappes aériennes israéliennes sur des bâtiments voisins, faisant 11 blessés, a annoncé samedi le ministère de la Santé.
Des frappes ont détruit deux bâtiments voisins, a constaté un correspondant de l’AFP, brisant des vitres et provoquant l’effondrement de faux plafonds dans l’hôpital, a indiqué la direction de l’établissement.
L’armée israélienne a émis un ordre d’évacuation urgent à l’intention des habitants de Tyr avant de nouvelles frappes planifiées.
Des dizaines de milliers de personnes ont quitté Tyr, mais environ 20 000 restent sur place, dont 15 000 personnes déplacées des villages environnants.
Le ministère libanais de la Santé a annoncé vendredi que 1 368 personnes avaient été tuées depuis le début de la guerre.
Le Hezbollah n’a pas annoncé ses pertes.
AFP




